HISTOIRE DE LA GUADELOUPE
HISTOIRE DE LA GUADELOUPE    

ORGANISATION ET TRANSPORT

Le transport:

Un voyage coûtait extrêmement cher. Un armateur devait trouver les financements pour affréter un ou plusieurs navires, payer un équipage, avoir un stock de nourriture et d’eau, pour un minimum d’au moins 2 mois de traversée et la cargaison de pacotilles qui servaient de monnaie d’échange et bien sur, de l’argent pour payer les fournisseurs à chaque escale s’il n’y avait pas d’échange, (troc). La traversée était longue (en moyenne 2 à 3 mois). Il pouvait se passer bien des choses durant tout le temps que durait la traversée. Corsaires et flibustiers de toutes nationalités, étaient nombreux au large à l’affut d’un abordage pour dépouiller les bateaux de commerce.  

 

Concernant la traite d’esclaves, Elle avait au moins trois origines:

 

La première:

les prisonniers de guerres que les européens menaient pour la conquête des îles, vite abandonnée parce que peu rentable.

 

La deuxième:

les rafles organisées par des négriers noirs africains, puissants et sans scrupules, qui vendaient leurs frères pour s’enrichir. 

 

La troisième:

Les rafles arabes, qui ne faisaient pas dans le détail. En effet, pour capturer un noir, ils n’hésitaient à tuer, 3 voir 4 personnes.

Le transport d'esclave à ses débuts:

Au début le transport d’esclaves (quelques dizaines) se faisait sur de petits navires de commerce. L’esclave était enchaîné sous le pont au centre du navire généralement assis. Je vous laisse imaginer les conditions de vie dans ce type de transport. Trois mois assis, enchainés les uns aux autres, adossés  sur bâbord et sur tribord.

Le transport des esclaves de deuxième génération:

Avec un besoin de plus en plus important d’esclaves, dont plus de la moitié, était destiné aux Habitations sucreries, le restant, pour les plantations vivrières, tabac, coton, indigo, commerçants  etc. … On passera très vite à la vitesse supérieure, en construisant des navires de plus en plus gros.

 

Par la suite, les navires seront plus gros et plus long, non pas pour rendre la vie des esclaves à bord plus facile, mais pour rentabilisé le transport. On passe alors de quelques dizaines d’individus à plusieurs centaines. Cette fois, le stockage ne se faisait plus assis, mais couché « tête bèche ». La raison invoqué, était de permettre aux captifs de mieux respirer et ainsi ne pas fatiguer le cœur. Moi, je crois surtout que le stockage tête bèche augmentait leur nombre d’individus à bord. Un bateau de gros tonnage, avait en dehors du pont principal, un, voir deux ponts intermédiaires. Entre ces ponts intermédiaires, on construisait une demi-plateforme de part et d’autre du navire, toujours dans un souci de rentabilité.

Les vivres, l’eau et autres cordages, étaient stockés à fond de cale.

 

En Europe, d’après ce que j’ai pu lire, il fallait trouver quoi répondre, et surtout, trouver des alibis qui justifieraient ce commerce infâme d’êtres humains. De là à penser qu’une partie de l’Europe, hormis les classes dirigeantes, ignorait l’étendu de se trafic, il n’y a qu’un pas.

Les armateurs:

La traite négrière n’était pas la seule activité d’un armateur privé. Il affrétait aussi les navires de transport de marchandises et pratiquait la pêche.

Beaucoup de négriers ayant participés à la traite d’esclaves, étaient ni plus, ni moins que les maires de grands ports français.  

Le transport d’esclaves, on le sait, et ça c’est vérifiable, engendrait des pertes non négligeables en vies humaines. Cette mortalité, avoisinaient les de 10%, mais pas que. L’équipage, subissait lui aussi des pertes en vie humaines.

Autre problème, Les armateurs devaient trouver des partenaires susceptibles de supporter un échec  financier. Pour ce faire, l’armateur devait donc trouver des personnes désireuses de prendre des parts dans cette entreprise, soient en tant actionnaires soient en tant qu’associés.

Les pertes:

Hormis les fréquentes attaques de pirates en mer, les pertes d'esclaves était le lot quotidiens des négriers. Maladies, épidémies, épuisement et hygiène étaient responsables.

Elles s'élevaient à 10 ou 15% de la cargaison. 

Il fallait très vite se débarasser des cadavres de peur d'aggraver la situation à bord.

Il faut savoir, que l'équipage était lui aussi concerné. Les cadavres étaient tout simplement balancés par dessus bord.

Les capitaux:

Le principal souci, était de réunir l'argent nécessaire pour effectuer le voyage. Pour cela l'armateur faisait généralement appel à son entourage et surtout de les convaincre d'investir dans cet hasardeux voyage qui n'offrait aucune garantie.

Le choix des navires:

Ce choix dépendait uniquement de l'armateur.

 

Pour un voyage rapide sans escale, il fallait un navire effilé et équipé d’une bonne voilure.

Si le financement n’était pas suffisant, son choix se portait sur un vieux voilier à bout de souffle. On se fichait  pas mal de la marchandise que l’on transportait. Sous entendu « Les nègres ».

 

Dans les deux cas de figures, le navire négrier devait répondre à des exigences:

 

 - Être transformable pour prendre à son bord, un maximum de marchandises, prisonniers, et esclaves compris.

 

  - Avoir, une cale suffisamment spacieuse pour le stockage des vivres et eau en quantité suffisante pour plusieurs centaines de personnes, équipage compris.

 

 - La hauteur de l'entrepont devait être suffisante pour permettre de construire une plateforme sur bâbord et sur tribord pour augmenter la surface de stockage et par conséquent le nombre d’esclaves.

Préparation d'une expédition:

Le capitaine:

L'armateur n'avait aucune alternative. Il devait se remettre totalement et faire confiance au capitaine pour toutes les décisions à prendre durant la traversée.

 

A cette époque, un capitaine avait trois ennemis:

 

- Le mauvais temps.

- Les corsaires.

- Les mutineries.

 

Le capitaine, devait être compétent:

  • Il devait être bon navigateur.
  • Savoir utiliser un sextant.
  • Savoir calculer et anticiper sa route. (La quille de ces navires n’était pas assez profonde pour empêcher la dérive).
  • Il devait aussi être un bon meneur d'hommes, surtout lorsque la traversée s'éternisait.
  • Savoir organiser la défense du navire contre les corsaires.
  • Mater les mutineries, En général il passait un ou deux meneurs par dessus bord, pour calmer le reste de l’équipage, etc. … 
  • Être un bon commerçant savoir marchander lors des tractions pour l’achat d’esclaves aux négriers africains. 
  • Négocier avec les colons.
  • Pour terminer, il devait savoir mener l’équipage. Lors des conflits à bord surtout quand la traversée s’éternisait.

 

Pour la période qui nous intéresse  les fournisseurs d’esclaves étaient exclusivement africains.

 

Il ne faut quand même pas oublier les trafiquants arabes. Très actifs depuis des siècles dans la traite négrière, ces négriers arabes vendaient, quand l’occasion se présentait, des esclaves noirs aux européens les plus offrant.

 

Avec tous ces impératifs, l'armateur n'hésitait pas à intéresser financièrement le capitaine.

Les tractations avec les négriers:

Les échanges commerciaux, se faisaient à terre ou sur le bateau.

La marchandise était étalée à même le sol

Commençait alors une discussion sans fin pour déterminer le prix d'un esclave.

A combien, estimait-on la valeur de change d’un esclave ?

 

Au début de la traite, la valeur marchande d’un esclave, était ridiculement basse : l’équivalent en € du prix d’une baguette de pain. Si tant est, que l’on puisse donner une valeur.

 

Entre 1450 et 1850:

Le prix progressera de 1 à 6 au cours des quatre siècles suivants.

 

Une autre comparaison était qu’un cheval pouvait valoir une trentaine d’esclaves.

 

Mais l'arrivée en grand nombre d’esclaves aux Antilles, aura l’effet « boule de neige ». Elle fera baisser le prix d'achat et augmenter la production de sucre, et qui dit augmentation de production, dit baisse du prix d’achat du sucre. Ce qui aura pour effet dans les métropoles européennes, de rendre cette denrée accessible à l’ensemble des populations européennes.

La traversée de l'Atantique:

 Pour optimiser le chargement « la marchandise » (les futurs esclaves) étaient enchaînés en position allongés, têtes bêche. Cette position dit-on, permettait au cœur de battre plus librement. Quand le temps le permettait, on détachait esclaves pour qu’ils prennent l’air sur le pont.

 

On organisait aussi, des chants et des danses sur le pont, afin bien sure, que la cargaison arrive en forme dans les îles.

 

On a estimé, qu’à chaque voyage, les maladies, l’hygiène et la déshydratation  favorisaient une mortalité estimée entre 10% et 15%. Même l’équipage était concerné. Je vous fais grâce des détails concernant la vie à bord. Cela dépasse tous ce que l’on peut imaginer.

 

Il régnait une terreur passive à bord. Ces pauvres noirs pensaient qu’une fois arrivés, ils allaient être mangés par les blancs. Cela bien sure, les affaiblissaient d’autant plus. Les plus désespérés se jetteront à la mer pendant les courtes promenades sur le pont.

 

Il y avait aussi, des révoltes à bord. Généralement au départ des côtes africaines. Cela se réglait assez durement. Quand cela se passait en mer, il arrivait parfois, que les esclaves se rendaient maîtres du navire en tuant l’équipage. Mais ne sachant pas naviguer, le navire disparaissaient corps et biens. On estimera dans le temps, qu’un voyage sur huit n’atteindra jamais sa destination. Il arrivait même, quand le voyage s’éternisait, que l’équipage se mutine. Dans la plupart des cas, les mutins étaient matés très durement par le capitaine et une partie de l’équipage restée fidèle.  La mort des meneurs n’était rien en comparaison des sévices qu’on leur faisait subir avant de les exécuter. Je vous fais grâce des détails….. trop horrible pour les décrire.

L'arrivée en Guadeloupe:

A quelques encablures de Petit-Canal, la vigie signalait la terre en vue. On faisait monter les esclaves sur le pont et on les aspergeait à l'eau de mer, pour les rendre plus présentable sur le marché aux esclaves.

 

Petit-Canal a été choisi, certainement à cause de la proximité des Habitations sucreries.

 

Comme vous tous, J’ai visité ce haut lieu des débarquements d’esclaves. Connaissant un tant soit peu l’histoire de l’esclavage, vous êtes pris aux trippes, surtout quand vous entrez dans la prison ou ce qu’il en reste. Un immense figuier maudit est entrain d’achever la destruction inexorable de ce batiment.

 

A ce jour, je n’ai pas connaissance d’un autre lieu de débarquement dans l’archipel. Même ceux qui étaient destinés aux plantations de Marie-Galante transitaient par Petit- Canal.

 

Et la prison, me direz-vous ? Elle était réservée aux fortes têtes. On les jetait en prison pour les calmer en évitant de les « abimer », sinon, la valeur marchande risquait de chuter.

 

Par la suite, cette prison a servi pour les condamnés de droits communs.

La vente des esclaves:

Dès que la vigie signalait l’apparition de l’île, l’équipage douchait l’esclave à grands coups de sceaux d’eau, pour le rendre présentable. Une fois débarqué, il était dirigé vers l’église et la vente pouvait commencer. Le capitaine dirigeait la vente aux enchères, généralement des lots étaient constitués.

Pourquoi devant la maison du Seigneur? comme on dit. Désespérément « absent » ce jour là ! Etait-ce pour se donner bonne conscience ? Cette question, je me la suis posée sans jamais trouver de réponse !!!

N’oublions pas, que pendant longtemps, l’église était partie prenante dans ce trafique immonde.

Pourcentages des captifs déportés au Amériques:

Sur le total des captifs déportés aux Amériques entre 1519 et 1801, veille de la 1ère abolition de l'esclavage, incluant bien sure les Antilles, La France, n'arrive qu'en 3ème position, derrière les Portugais et l'Angleterre. Les chiffres approximatifs donnent ce classement en pourcentage: 

 

  • 45,8 % Pour les portugais (Brésil).
  • 28% pour l'Angleterre.
  • 13,2 % pour la France
  • 4,8 % pour Les Provinces Unies (Pays-Bas).
  • 4,7% pour l'Espagne.
  • 2,5 % pour les Etats-Unis.
  • 0,9 % pour le Danemark.

 

Je me pose une nouvelle fois,  une question:

Pourquoi, seule la France est concernée directement par ce génocide?

La progression du nombre d'esclave en Guadeloupe:

Entre 1656 et 1700:

La progression du nombre d’esclaves est 500%.

 

1656:

On dénombre environ 3000 esclaves noirs en Guadeloupe.

 

1671:

Le nombre d’esclaves passe a 4300.

 

1700:

En moins de 30 ans, on compte 15 000 esclaves en Guadeloupe.

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