HISTOIRE DE BOUILLANTE
Bouillante est une petite commune rurale qui semble avoir été oubliée par l'histoire. Très certainement à cause de son éloignement des centres administratifs. De plus, elle ne possède pas énormément de zones cultivables.
Pourtant, ce fut quand même à cet endroit que les premiers colons se sont installés provisoirement. Peut-être, est-ce à cause que Charles Lienard de L'Olive ou encore le père Dutertre n'ont pas élu domicile en ce lieu. Pourtant, à l'époque Bouillante offrait des conditions propices pour s'y installer:
Si bien que, Caraïbes, Hollandais, anglais et espagnols ne firent même pas cas de la présence de ces nouveaux groupes qui occupaient les hauteurs de Bouillante.
Malgré que son déclin soit inévitable, Bouillante occupait une place non négligeable dans le développement de l'industrie sucrière et fera parler d'elle dans l'histoire de l'île.
Les engagés militaires, furent parmi les premiers à s'installer sur la commune. Habitués aux maniement des armes, ce sont les indiens Caraïbes qui vont les former à culture vivrière des tropiques et à la pêche.
Au fil du temps, les blancs se marièrent avec des gens de couleurs, qui vont se regrouper à Pigeon. Formant ainsi un groupe hétéroclite. Anglais, hollandais et indiens viennent compléter la population de Bouillante.
La protection de la ville:
Il fallait maintenant penser à se protéger contre d'éventuels assaillants venant de la mer.
1664:
Soit une trentaine d'années après le débarquement des premiers colons, c'est la fin d'une époque. La compagnie des Îles d'Amérique demande que l'on fasse un recensement des colons français et prend officiellement possession des île françaises, avec pour mission d'en assurer le développement.
Jusque là, le commerce était sans contrôle. Les étrangers faisait un commerce quelque peu anarchique, impensable pour Colbert qui dira: " les étrangers exploitaient économiquement l'île sans en supporter les conséquences".
On va aussi dénombrer une cinquantaine de cases de conceptions différentes:
Pour les premiers colons:
Certains, vont vivre en marge de la société par manque de moyens ou trop âgés.
Pour les colons suivants:
Ces nouveaux jeunes colons vont s'associer en "Matelotage", c'est à dire qu'ils vont s'aider mutuellement pour démarrer leur expérience dans une nouvelle vie avec comme seules richesses:
Ils devront aussi convaincre les bailleurs de fonds qui les aideront financièrement. Soit, ils réussissent, soit ils disparaissent au profit des plus puissants, pour la plupart, juifs hollandais expulsés du Brésil avec or et argent, en rachetant les terres déjà "habituées" (préparées à la culture) des colons qui ont échoué.
Ces juifs étaient en avance sur les français sur tous les points.
Ils maitrisaient:
Colbert qui soutenait les colons français, pensait à tord pouvoir évincer les étrangers.
1670:
Une affaire démontre que la contrebande est quasiment officiel. des marchandises sont débarqués par un négociant hollandais. Cette marchandise venait de Saint-Eustache, plaque tournante du commerce interlope aux Antilles. Ce ne fut pas une mince affaire, puisque tous les habitants du quartier, y étaient mêlés.
1671:
On effectue un nouveau recensement très détaillé avec cette fois,
1686:
Une souscription est lancée pour créer la défense de l'île. Cela permettra de connaître le nombre d'habitants mais aussi de connaître la fortune de chacun.
Bouillante était à son apogée en prenant part à l'aventure sucrière. Cela ne l'empêchera pas d'être relégué au second plan et le déclin s'amorça.
Si le relief la Basse-Terre était un avantage certain pour sa défense, pour la culture de la canne c'était tout à fait le contraire.
1687:
La première crise sucrière éclate. Cinq moulin à eau mal implanté sur les neuf de la commune sont mis à l’arrêt et ne seront pas remplacés par des moulins à bêtes bien moins rentables.
Pour surmonter cette crise sucrière, il ne restait qu'un seul moyen. C'est dans la contrebande que se tourne les habitants de Bouillante.
La pente sablonneuse de la plage de l'Anse à la Barque était propice aux canots pour le déchargement de la marchandise des contrebandiers. Les navires du roi, craignant une riposte, n'osaient pas entrer dans l'anse. Ce trafic avait un avantage, éviter, d’être taxé par l’administration royale. A cette époque, les militaires étaient peu nombreux et les habitants à deux doigts d'une révolte auraient immanquablement entrainée un désastre. De plus la milice, n'avait rien à craindre du roi. Celui-ci, savait très bien qu'il pouvait compter sur elle pour défendre l'île contre les anglais qui voulaient prendre Basse-Terre coûte que coûte.
1730:
Le rapport de la visite du gouverneur indique bien qu'il y a bien une milice composée d'un encadrement et cinquante hommes en armes qui intervenaient seulement, si c'était des anglais.
On cultivait de moins en moins de cannes à sucre au profit du coton et du café.
1736:
La tension qui règne en permanence parmi les esclaves n'était pas très loin d'une insurrection. il fallait ménager tout le monde.
Economiquement parlant, la fin du règne de Louis XIV provoque une stagnation du quartier de Bouillante. Il ne restait que deux sucreries en activité, signe évident d'un manque de prospérité.
A la fin de la guerre de succession d'Espagne (1701 - 1714) opposant plusieurs puissances européennes, on constate une légère augmentation de la population. Trois sucrerie reprennent leurs activités. Mais cette fois, à la demande de l'Europe, on va développer la culture du café et du coton.
Un évènement tragique, va venir ternir le tableau : Le massacre de Trois Rivières. Je développerais ce chapitre dans l’histoire de Trois Rivières. Une liste des présumés coupables que le gouverneur Collot approuve et place le principal suspect en détention.
Comme dans tout toutes les colonies, la population est divisée. D'un côté les planteurs, de l'autre les patriotes. Après la victoire de Victor Hugues, les planteurs qui ont échappé à la guillotine ont pris la fuite. Le calme revenu, Victor Hugues ordonna un nouveau recensement de la force de travail disponible sur la commune.
Entre le rétablissement de l’esclavage (objet de la venue de Victor Hugues) et de son abolition définitive, la vie reprend progressivement. Les esclaves se font enregistrer en tant que citoyen. Pour combler le manque de main d’œuvre dû à l’abolition, on fit appel à des « engagés » venus des Indes. Un courrier administratif, fait état du mauvais traitement infligé à ces nouveaux travailleurs volontaires et du non respect des engagements. Malgré tout les indiens s’intègrent rapidement et 9 deviennent mêmes propriétaires à Bouillante au début du XXe siècle.
Lors de l'arrivée des juifs hollandais du Brésil, 30 ans plutôt, un certain Arrians Van Speigel va se distinguer en versant une somme conséquente pour venir en aide aux plus démunies. En 1686, il était devenu le personnage le plus important du quartier. Cette position va se conforter en s'associant avec Jacques Marsolle, (certainement gros propriétaire). Spiegel devient alors Marguillier ..... voir la définition. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguillier
L'aventure sucrière de Bouillante passera au second plan.
L'impact de la Révolution:
La Révolution marquera tout l'archipel:
peu avant la Révolution, on dénombrait environ 2800 personnes. Des évènements
Lacour nous apprend:
" A la suite du massacre de Trois-Rivières, le comité établit une liste de 27 planteurs à arrêter.
Le gouverneur Collot, approuve la liste, mais la commission générale et extraordinaire prend un arrêté pour la détention provisoire des suspects. au nombre des 27 était Romain Lacaze, ancien député de la colonie à l'Assemblée Législative. Les jacobins ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_des_Jacobins ) regardaient ce planteur comme l'ennemi le plus dangereux. Il venait de publier un écrit. Il avait pris la fuite et s'était réfugié à Bouillante.
Le 29 avril, un arrêté de la municipalité de Bouillante requit le commandant de la force publique. Aussitôt le commandant de la garde national ordonne à vingt hommes commandés par Abraham Lesueur de l'arrêter.
Le 30 avril dans la soirée, par une pluie battante, la patrouille se mer en marche. Elle arrive vers minuit à L'habitation Desmarais. On se saisit de M. Pontavés d'Amirat. On voit fuir un autre homme, le citoyen Jean-Baptiste Brie lui tire un coup de fusil. C'était Romain Lacaze accompagné de son domestique".
Ils prirent donc la fuite en direction du sud et en voulant traverser la Grande-Rivière de Vieux- Habitants en crue, Lacaze se noya malgré les efforts de son domestique qui réussit à gagner la berge. Son corps fut retrouvé à l'embouchure de la rivière.
L'ensemble de la population de Bouillante se divisa en deux comme partout dans la colonie. Les planteurs et les patriotes. Après la victoire de Victor Hugues, les planteurs qui avaient échappés à la guillotine et qui espéraient être soutenus par les anglais, prirent la fuite vers la Martinique qui avait échappé à la Révolution ou, en Amérique du nord.
Qu'en est-il de l'esclavage:
Entre le rétablissement de l'esclavage et son abolition définitive en 1848, la vie semble reprendre normalement.
Toutefois, il semblerait d'après les différents recensements que la population diminuait.
Sous Napoléon, le développent économique semble être au point mort.
1813:
la superficie mise en culture ne représente plus qu' 1/6e de la surface du terroir.
1818:
Le café est largement en tête des diverses cultures avec environ 50%. Sur le reste des surfaces, on y trouve du coton, du cacao, du manioc et des cultures vivrières.
1822:
Les diverses cultures vont quasiment doublées.
Restait le problème crucial des communications:
Les routes n’étaient que des tronçons de terre, peu ou pas entretenus, envahis par des herbes, les ornières creusées par les chars à bœufs et les nids de poules. Il était très difficile d’aller à Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. surtout quand on transporte des charges sur la tête.
Pour régler le problème des déplacements, On met en place un service maritime régulier pour la poste, les colis, les marchandises et les passagers. On utilisa donc les trois moyens disponible pour l'époque:
1908:
Un bateau à vapeur les lundis et vendredis, plus rapide que les petites embarcations pour rejoindre Basse-Terre et Pointe-à-Pitre en passant par la Rivière Salée.
A Bouillante , le bateau vapeur restait en rade, et c'était les petite embarcations qui assuraient le déchargement.
1922:
On étendra le tronçon de terre existant vers Baillif au sud et Vieux-Habitants au nord.
14-18 et 39-45:
La seconde guerre mondiale sera encore plus mal vécue que la première.
La récession causée par les deux guerres mondiales, vont pousser les habitants à transformer une très grande partie des terres cultivables en parcelles de cultures vivrières. Un grand nombre va quitter la Guadeloupe en direction de la métropole. Malgré un passé très chaotique, Bouillante a réussi son intégration.
Les prix s'envolèrent dès le début du conflit mondial. Tous les terrain disponible seront utilisés pour accroitre les cultures vivrières.
29 octobre 1941:
le régime de Vichy va exiger que tous les conseillers et employés municipaux déclarent sur l'honneur n'appartenir à une quelconques société secrète.
Dans le domaine de l'éducation, la religion va avoir énormément d'importance. Le curé, est nommé président de la commission scolaire de la commune et dans la municipalité, des crucifix seront placés dans tous les édifices de la commune.
A partir de 1942:
La municipalité organise des fêtes pour la Saint-Philippe (Philippe Pétain) et pour la Sainte-Jeanne d'Arc.
1960:
Tout au long de la décennie, un bon nombre de jeunes quittent Bouillante pour les villes plus importantes ou prenne la direction de la direction de la métropole.
1970:
Congélateurs et frigos modifieront les habitudes alimentaires.
La centrale géothermique:
La résurgence des eaux thermales à l'emplacement de l'actuel centrale géothermique avaient créé un marigot.
Et le père Labat, comme à son habitude racontait tout et n'importe quoi, ira dire qu'il y faisait cuire des œufs.
"Quant on sait que le père Labat n'est resté en Guadeloupe que quelques années, il y a de quoi se poser des questions sur tous ses récits". Voir la biographie du père Labat.
Bouillante est la seule commune de France a exploiter une centrale géothermique produisant 15% de l’électricité consommé en Guadeloupe.
On fera 4 forages prés définis pour les emplacements qu’on nommera BO1 à BO4.
Avril 1969:
Le BO1 à plus de 800 m , se fera derrière le nouveau cimetière au lieu-dit « Les Fontaines de Bouillante ». Le débit de vapeur à 228°C n’était pas régulier.
Janvier 1970:
Le BO2 à plus de 338m, le forage eut lieu même de l’usine actuelle, température de la vapeur, 242°.
Juin 1970:
Le BO3 à plus de 450m, se fera en bord de mer, température de la vapeur, 240°. Son exploitation sera difficile, parce que le sable volcanique bouchait le puits malgré la présence de crépine. De plus la vapeur était acide.
1974:
On modifia le BO3 en forant à plus de 840 m pour obtenir une vapeur de 220°.
On fore aussi Le BO4:
Au lieu-dit "Plateau". pour atteindre 1200m pour 232°.
1977:
On reprend le forage pour atteindre 250° à 2500 m.
Même si le résultat n'est pas celui qu'on attendait, l’usine de Bouillante, en plus de produire de l’électricité, est devenait un centre de recherche de premier ordre pour l’aérospatial et le nucléaire. Juste retour des chose pour cette commune malmenée par le passé.
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