HISTOIRE DE LA GUADELOUPE
HISTOIRE DE LA GUADELOUPE    

HISTOIRE DES ILETS

 

1760:
Petites précisions:

Les cartes établis par les ingénieurs du Roi, font mention "d'Îlets Caraibes" (totalement disparus aujourd'hui) dans le GCSM. situés à l'ouest de l'Îlet à cochons.

A quoi est due cette occupation tardive des Îlets par les indiens Caraïbes? hormis la persécution? Certainement pas à l'arrivée des colons en 1635.

 

D'autant que certains d'entre-eux sont recensés sur des habitations nouvellement crées en 1671, pendant que d'autres, se sont déplacés sur des terres laissés libres par les colons afin de maintenir leur mode de vie.
C'est le cas pour les Caraibes. Houel leur avait donné la partie nord de la Grande-Terre (Anse-Bertrand) pour les éloigner de la ville de Basse-Terre.


On trouve des traces de leur passage sur les ilets isolés, occupés par les indiens, vivant principalement de la peche.
Ils seront malgré tout, rattrapés par la culture européenne.

 

 

L'ILET-A-CHRISTOPHE: (suite)
 

Avec l'accord de Richelieu Des colons de Saint-Christophe ont fait route vers la Guadeloupe pour la coloniser. Arrivés, à la tombée de la nuit, ils se sont arrêtés sur un tout petit îlet désert dans le Grand Cul de Sac Marin et qu'ils ont baptisé "Christophe". La Guadeloupe néanmoins sera colonisée un peu plus tard.

Comme je vous l'ai indiqué dans un précédant post, le père Jean-Baptiste Labat évoque l’îlet Saint-Christophe dans le récit de ses voyages.
le gouverneur Augier et lui ont fait des relevés cartographiques du GCSM.
ils feront une halte sur l'ïlet à Christophe pour manger un boucan de tortue (grillade) chez un ami, qui les a invité. Cet ami, n'est autre que le fils de Charles Houël, "Houël de Varennes".

A cette époque, Labat dit que l'ilet semblait inhabité.

Un demi siècle plus tard, en juin 1649, les registres d’état civil attestent du bapteme par le curé de Baie- Mahault, de la fille d’un couple Caraibe qui vivait sur l'îlet à Christophe.

 

1838:
Un dénommé Zénon pratiquait la pêche sur l'ilet.

 

1999:
Des fouilles archéologiques entreprises sur l'îlet font état de plusieurs fragments de céramique amérindienne trouvés sur l'ilet qu'on ne peut pas dater avec justesse. La datation approximative confirme quand même qu'ils datent bien avant l'arrivée des premiers colons en Guadeloupe.
Dans la première moitié du siècle suivant, en 1838, on trouve sur l’ilet un établissement de pêche appartenant au Sieur Zénon. Il possédait des esclaves et du matériel de p
êche.

LES ILETS-A-L'ANGLAIS:
 

Ils sont situés Dans le Petit cul de Sac Marin à hauteur de Petit-Boug. A l'origine, il y avait deux îlets.
Une carte de l'implantation des îlets, montre bien des deux îlets.
Une deuxième carte, dessiné par deux ingénieurs, fait apparaître que le plus petit à bel et bien disparu en premier. (ne pas confondre avec l'îlet Tête à l'Anglais au nord de la Basse-Terre.

 

Aujourd'hui, Les deux îlets ont totalement disparu de la surface.

 

1839:
L'îlet est exploité pour la fabrication de la chaux.

Bien avant que les créoles ou encore les colons soient attirés par une économie possible sur les îlets, les indiens Arawak et caraïbes persécutés par les colons, se sont réfugiés sur des ilets inhabités dès le début de la colonisation. Comme l'attestent certain registres de l'état civil.

ILET-A-FEUILLES

 

L'îlet est situé en face de la pointe Jarry à 100m du rivage.

 

Vers 1750:
Cet îlet faisait partie du Marquisat de Houëlbourg. Il sera vendu à la famille Augustin Lecointre de Berville.

 

1788:
Jacques David le fils, louera l'îlet à 2 pêcheurs, propriétaire de quelques esclaves qui y développe une activité de pêche.

 

1842:
A la mort des 2 pêcheurs, les héritiers Lecointre récupèrent l'îlet comme prévu dans le bail et revendent l'îlet à un certain Jean Baptiste Riffaud fils qui revendra par la suite à 2 nouveaux copropriétaires qui vont développer une production de chaux et la commercialiser.
On peut dire que c'est le début de la destruction du récif corallien à grande éc
helle, car la chaux à cette époque était le liant indispensable pour produire du mortier.

 

1880:
L'îlet devient propriété de la famille Alexis Léger (Saint-John Perse). La famille Léger qui habitait Pointe-à-Pitre, utilisera la maison que pour venir y passer "des vacances" en famille.

Aujourd'hui, l'îlet appartient à la famille Petrelluzzi. Cette famille d'origine italienne occupe l'îlet depuis 1903.

ILET CHASSE

Cet îlet est situé un peu plus au sud de l'îlet à feuilles et s'appelait à l'époque îlet Chantou comme le précise les cartes des ingénieurs du Roi.

 

1803:
L'îlet est vendu sous le om d'îlet Filassier.

 

1804:
Le Sieur Lazarre Chasse se rend acquéreur, l'îlet prend alors le nom de Chasse.

 

1820:
Edmond Jacques Beaupin, libre de couleur réside gracieusement sur l'îlet avec sa mère. Il exerce le métier de Chaufournier ainsi que celui de pêcheur.
A la mort de Lazare Chasse, deux négociant héritent de l'îlet.

 

1827:
Les deux négociants revendent la moitié de l'îlet à un dénommé Joseph, libre de couleur. Beaupin garde l'autre moitié.

 

1829:
Jacques Beaupin devient seul propriétaire de l'îlet.

ILET BOISSARD


Cet îlet est situé à quelques 200m de l'îlet Chasse. Il est composé de 2 îlets séparés par un étroit canal signalé sur certaines cartes du XIXe siècle. Les 2 îlets portait le nom de Servient et Augier. Il changera quelquefois de nom.

 

 

1801:
L'îlet Boissard, s'appelait Chantereau et appartenait à François-Marie Pimart, puis l'îlet fut divisé en deux. Saubat Salabery, le deuxième copropriétaire, Salabery va créer une tannerie.

 

1804:
La tannerie est revendue à cause des odeurs mais surtout par le manque d'eau douce, absente sur l'îlet. Pendant trois ans, on va utiliser l'eau de mer qui n'est pas adaptée pour le tannage des peaux, sans compter la pollution que cela engendrait.

 

1821:
l'îlet Boissard sera redécoupé une nouvelle fois en trois parcelles. L'activité de la tannerie cesse peu à peu.

 

Fin du XIXe siècle:
La production de chaux s'arrête.

 

Début du XXe siècle:
Plusieurs canotiers vont assurer la traversée vers l'îlet des personnes qui y vont en villégiature.

ILET-A-COCHONS

 

C'est le plus grand îlet. Situé à l'entrée du port de Pointe-à-Pitre. Cet îlet était le premier rempart de protection de la ville contre l'ennemi. Il reste encore des traces du fort de défense.
A l'époque, il est fort probable qu'on y fabriquait de la chaux à partir de la roche calcaire.

 

1826:
Un pilote s'installe sur l'îlet pour guider l'entrée des navires dans le port.

 

1828:
L'îlet est partagé entre trois propriétaires. qui à leur tour vont parceller leur terre ou encore les réunir. Ont a pas suffisamment d'éléments, pour dire qu'elles étaient leurs activités. On sait seulement que l'îlet était pourvu de plusieurs pontons de chargement et déchargement.
Sur des actes notariés, on constate que bien des propriétaires, ont différentes activités. les différents inventaires font états de la fabrication de chaux, de pèche et d'élevage. On fait état d'un petit nombre d'esclaves qui n'est pas en rapport avec la présence d'un cachot.

Un des copropriétaires revend sa parcelle à un certain Jean-Louis Burtel, négociant de son état, et déja propriétaire de l'îlets à Feuilles où il produit de la chaux.

 

1887:
Certains diront qu'on y a introduit des rats d'inde (mangoustes) pour lutter contre les rats qui détruisaient les champ de cannes à sucre.
Le rat d'inde est aussi appelé "cochon d'inde". A l'époque, il était apprécié pour sa chair au même titre que le lapin.

L'îlet Boissard a vu se succéder un nombre impressionnant de propriétaires. les différentes catastrophes naturelles qui se sont abattues sur la Guadeloupe ont certainement fait disparaître une partie des archives. Par conséquent il est très difficile de suivre l'occupation des parcelles de cet îlet.

 

1897:
L'îlet est mis en vente aux enchères. Seul une petite partie occupée par les canotiers qui assurent le transport des personnes venant en villégiature et une case à bains.

ILET DU GOSIER

 

Cet îlet est située face à la ville de Gosier. L'îlet encore inhabité était colonisé par des "Grands Gosiers", une espèce de pélican bien plus grand que ceux que nous connaissant aujourd'hui et qui chassaient dans le lagon. Cette espèce d'oiseaux marins a totalement disparue.
Le nom de Gosier nous vient de celui du pélican appelé, au XVIIe siècle, "Grand-Gousier" du fait de l'importance de son bec et de sa poche.

 

En l'an 1000 :

Les premiers habitants s'installent sur l'îlet. Ils nous viennent de l'embouchure de l'Orénoque au Venezuela. Ces indiens, sont d'excellents navigateurs se déplaçant sur des pirogues puisqu'ils ont occupé bien avant les premiers européens, une grande partie des Antilles.
Des fouilles sur l'îlet Gosier ont mis au jour le squelette d'une femme âgée de 900 ans et quelque fragments de poteries.

 

1806 :
les héritiers d'un certain Fleury de Ramsey vendent à un résident de PàP dénommé Jean Lalanne qui exploitera le sable de l'îlet Gosier, qu'il vendra à son tour l'année suivante.

 

1829 :
L'îlet Gosier est une nouvelle fois vendu à Auguste Giraud déjà propriétaire d'une parcelle de l'îlet à cochon, où il fabriquait de la chaux.

 

1852 :
L'îlet commence à être déserter par ses occupant.
Cette année, sera l'année de la construction du premier phare signalant l'arrivée à Pointe à Pitre.

 

1854 :
Plus personne sur l'îlet en dehors du gardien du phare.
Actuellement l'îlet du Gosier est propriété du Conservatoire du Littoral.

L'îlet Gosier subit lui aussi une érosion importante depuis ces deux dernières décennies

ILE DE SAINT-CHRISTOPHE (Saint-Kits aujourd'hui)

 

Avant de parler de l'îlet à Christophe, on va faire un tour du côté de l'île de Saint-Christophe. Comme tout le monde sait, l'île de Saint-Christophe est la première île occupée par les anglais qui ne la coloniseront pas. Les français, eux vont la coloniser deux années plus tard.

 

Les circonstances: "Je fais rapide"
Belain d'Esnambuc était le lieutenant d'Urbain de Roissey, corsaire normand. et en tant que corsaire, il passait son temps à arraisonner les navires espagnols pour se saisir des cargaisons transportées. Mais cette fois là Belain d'Esnambuc, n'eut pas le dernier mot. Le navire espagnol avait des canons pour se défendre. Sérieusement touché, il réussit à fuir et se réfugia sur l'île de Saint-Christophe pour réparer son navire. L'île était déjà occupé par les naufragés d'un navire anglais depuis peu. Les deux camps étaient mal en point, les uns par manque de nourriture et les autres exténués par la bataille qu'ils venaient de livrer aux espagnols. Ils se partagèrent l'île en bonne intelligence, plutôt que de se livrer bataille où tout le monde serait perdant.
deux années plus tard, les anglais quittèrent l'île définitivement et les français fondèrent la première colonie des Antilles, sous l'impulsion du cardinal de Richelieu.......La Compagnie de Saint-Christophe venait d'être créée.
Revenons maintenant à l'îlet à Christophe.

Comme on peut le voir, la carte de l'époque est très approximative.
Saint Christophe, ressemble à un poisson (aujourd'hui Saint-Kitts) ressemble plutôt à une baleine.

 

L'ILET CHRISTOPHE

 

Est situé en Face de la Rivière Salée (bras de mer naturel séparant la Grande-Terre de la Basse-Terre). Le GCSM est protégé par le plus grand récif corallien des Petites-Antilles. A l'origine, cet îlet était appelé Îlet Saint-Christophe.

 

pourquoi?

Une poignée d'hommes a quitté Saint-Kitts sur une barque pour se rendre en Guadelou-pe, tenter l'aventure à la recherche d'une vie meilleure. C'était la fin de l'après midi et ils font un arrêt pour la nuit. d'un commun accord, ils bâptisent du nom de l'îlet Christophe  qu'ils avaient quittté et le nom a perduré jusqu'à nos jours.   

L'ILET MACOU


Deux décennies plus tard, Ce qui était la Pointe à Macou, se transforme peu à peu en îlet et va apparaître sur les cartes marines.

1809:
Les trois ouragans de, Juillet, août et septembre, sont surement responsables de l'érosion rapide du bras de terre que formait alors la Pointe Macou.

1821:
l’îlet n'est pas encore mis en valeur. Il n' y a aucune construction et pas de culture.

1825:
Le propriétaire, Pierre Chastel vend l'île, mais veut continuer à chasser sur l'îlet.
Les nouveaux propriétaires, deux hommes libres de couleur, artisans de profession, résidants à Pointe-a-Pitre.
L'un des propriétaires est Régis Bagoult: spécialisé dans le Calfatage, voir le lien:

http://www.museeciotaden.org/chanti…/metierschant/calfat.htm

L'autre est charpentier: Nicolas-Louis Bonneterre charpentier. Ils vont construire une maison en bois couverte en paille et possèdent deux pirogues et quelques esclaves.

1828:
Bagoult rachète la part de Bonneterre et vend l'îlet à un charpentier du nom de Félix Destaing, libre de couleur lui aussi. L'occupation de l'îlet avait évolué. Outre la maison de bois et paille, on trouve un hangar pour le stockage de la chaux, une cuisine construite en dur, une plantation de bananes et une étendue de culture vivrière.

Preuve est faite de l'ascension sociale des libres de couleur de plus nombreux à cette époque. L'îlet prend l'allure d'une habitation.

1835:
En Guadeloupe, les libres de couleur possèdent plus de 600 habitations et quelques 6000 esclaves

1838:
L'îlet accueille le seul établissement de pêche, de la Commune de Morne-à-l'eau.

LE CALFAT

Est un ouvrier qui est chargé d'étancheifier toutes les intertices sur les embarcations et navires en bois.

Voir le lien:

http://www.museeciotaden.org/chantiers/metierschant/calfat.htm

 

 

L'ILET A FAJOU

 

C'est le plus grand des îlets du GCSM. Il est flanqué aux extrémités, de deux passes.
Un petit îlet tout proche, signale une passe qu'il faut connaître si l'on ne veut pas finir échouer.
L'îlet à Colas, autrefois appelé "îlet Saint-Nicolas" affleure la surface. Seul un rocher du nom de Saint-Nicolas matérialise cet îlet et la première passe.
La deuxième passe du nom de "Passe à Fajou" est située à l'ouest bordée de hauts-fonds coralliens.

Fin du XVIIe siècle, le père Jean Baptiste Labat en compagnie de Gouverneur Auger, se rend sur place pour cartographier les lieux et étudier la possibilité de construire un poste de défense. Ce projet fut abandonné.

1836:
Un certain Martin lestour construit une fabrique d'engrais sur l'îlet à Fajou. cet engrais sera produit à partir de petits poissons de quelques centimètres qu'on appelle "Pisquettes". essentiellement utilisé comme engrais dans les plantations de cannes à sucre.
Il faut savoir qu'on utilisait aussi d'autres poisson, des excréments et du sang animal etc.. pour fabriquer l'engrais.
Aujourd'hui, ce petit poisson est consommé en "Accra ou encore en omelette".

1840:
Arrêt de la fabrication d'engrais.

1859:
Ses enfants, Martin et sa demi sœur, deviennent copropriétaires et décide de reprendre l'activité de fabrication d'engrais.

1864:
création d'une société entre le père et le fils. Cette fois la fabrication d'engrais se fait à partir des immondices de la ville de Pointe-à-Pitre. La société signe un contrat de vingt ans avec la ville et doit assurer le ramassage, le traitement et la vente de l'engrais.
Sacré travail...... ramasser les ordures et les transporter dans des barques à rames jusqu'à Fajou, environ 8km.........

Cela faisait déjà onze années que l'abolition de l'esclavage avait été promulguée et appliquée en Guadeloupe. Les nouveaux ouvriers arrivant sous contrat, d'Afrique, vont remplacer une partie des esclaves qui ne voulaient plus travailler dans les plantations. Mais le souvenir vivace de l'esclavage poussera la France à stopper l'immigration des africains sous la pression anglaise qui autorisera malgré tout les français à introduire en Guadeloupe des travailleurs en provenance des Indes.
"Pas trop bêtes les anglais, les Indes étaient anglaises".

1868:
Outre la fabrication d’engrais et quelques bâtiments, on y pratiquait la culture vivrière, l'élevage de bœufs et vaches ainsi que de cabris, du matériel de pêche, quelques pirogues et quelques embarcations à fond plats pour assurer le transport.

1869:
La fille de Lestour, devient seule propriétaire. Son frère ne faisant plus parti des associés, La production d'engrais est arrêté.

1873:
Elle va louer l'îlet à un certain François Soulé qui va fabriquer de la chaux. Cette même année, l'îlet devient propriété d'un entrepreneur de construction de Pointe-à-Pitre. Il continuera à produire de la chaux qu'il utilisera à des fins personnelles.

1875:
L'entrepreneur, revend Fajou à son frère qui exerçait le métier de charpentier, qui produira lui aussi de la chaux.

1878:
Pierre Vigneau, un négociant originaire de Bordeaux, rachète l'îlet.

1881:
Vigneau décide de vendre son bien.

1882:
Vigneau décède sans avoir pu trouver preneur.
Sa veuve et ses trois enfants habitant en France, héritent de l'îlet et décide de le vendre.

1894:
L'îlet est resté trop longtemps abandonné, est inexploitable. Le nouveau propriétaire, décide de le revendre.

Seul le four à chaux et un mur à proximité (certainement, le vestige du bâtiment de stockage de la chaux) se dresse sur l'îlet devenu désert.

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