HISTOIRE DE SAINT-CLAUDE
Histoire de la commune
Le peuplement:
Les indiens Caraïbes ont sûrement découvert ces lieux bien avant les colons, mais ne se sont jamais
vraiment installés sur les hauteurs de Saint-Claude.
Dans son dictionnaire, le père Breton, chroniqueur de l'époque, mentionne le "Macouca" pour désigner le quartier de "Matouba". Le nom de Macouca, veut dire lieu où il y a des fleurs et des
oiseaux.
Quand aux colons, venus entre 1635 et 1660, eux, vont privilégier les zones côtières et ce n'est que plus tard qu'ils vont prendre possessions des terres éloignées de la mer, pour y développer les cultures vivrières à l'intérieur des terres.
Il faut savoir qu'au début, les colons engagés bénéficiaient gratuitement de terres octroyées par Houël à condition d'effectuer le
défrichage et de développer la culture vivrière qu'il vendaient aux membres de la colonie.
La seule erreur de Houël a été de vouloir développer la canne à sucre sur un terrain trop accidenté pour être rentable. La mise en valeur des terres de Saint-Claude, va créer une surcharge de
l'occupation des différentes parcelles.
1656:
Soit 20 ans après l'arrivée des premiers colons à Sainte-Rose, on
atteignait déjà la montagne Bellevue et et celle de Beausoleil.
1669:
Faisait état des producteurs de sucre à Bellevue et Beausoleil.
Montagne Bellevue:
Pour les plus importants:
Georges Lefebvre, Nicollas Jacob, De La Vallée, Les Jésuites, Christian Barvik, Henry, Regnaud, Mathieu Mahon, etc....
Montagne
Beausoleil:
Pour les plus importants:
Jean Heurtaud, de Bragelonne, Claude Merseron, les pères Carmes, Alexandre Ledreu, Jacques Viart, Ducouldray, Deloovre, etc...
1671:
Le "terrier" - le POS de l'époque - (Plan
d'occupation des sols). On ne savait pas trop à qui attribuer toutes ces parcelles: Saint-Claude ou Basse-Terre.
Le père Dutertre dira "c'est un très beau pays, mais pas très uni". Les occupants, ont construit de belles maisons à différents niveaux sur les pentes de la soufrière.
Le recensement des habitants de Saint-Claude tout confondu cette année là, et ses environs proches soit un peu plus de 35 ans après l'arrivée des premiers colons laisse apparaître:
- 124 maîtres de cases.
- 73 hommes mariés
- 176 enfants.
- 86 serviteurs.
- 516 nègres.
- 230 Négrillons.
- 7 Mulâtres.
- 30 Sauvages (indiens) et Métis.
Soit 1242 âmes.
On y cultivait de la canne et des vivres.
La stagnation, puis le recul de la production au XVIIe et XVIIIe siècle est mise en cause, par une pluviométrie excessive. Obligeant tout ce beau monde à la reconversion.
L'Origine du nom de Saint-Claude:
remonte au XVIIe siècle. Ce sont les Jésuites qui aurait dénommé leur Habitation du nom d'un membre de la congrégation qui avait été canonisé. La rivière qui s'appelait
Saint-Claude à l'époque, s'appelle aujourd'hui, la "rivière Noire".
Sur les hauteurs de Saint-Claude Plusieurs rivières encerclent la Soufrière. les habitants y avait même construit un refuge pour se mettre à l'abri d'un éventuel ennemi. Les rivières faisaient office
de Douves.
Moitié du XVIIIe siècle:
La guerre de sept (1756 à 1763). Cette guerre est considéré comme la Première Guerre Mondiale (J'en ai déjà parlé au paravent dans un autre
chapitre). Cette guerre, va entraîner une pénurie de viande, qui serai liée de près a un manque d'animaux. Bien sur la viande disponible était hors de prix.
1764:
La chambre d'agriculture, confrontée à l'inquiétude publique, va solliciter la création d'une commune au Matouba, afin d'y établir quelques familles européennes pour
pratiquer l'élevage. Ainsi les familles seraient à l'abri de la fièvre jaune, compte tenu de la fraîcheur du climat.
1765:
Le gouverneur Nolivos donna un avis favorable pour créer un groupement d'éleveurs à Matouba et réunir toutes les terres alentours que les propriétaires n'avaient pas mis
en valeur.
Le roi confirma pas une ordonnance l'idée émise pas Nolivos de groupement des terres. Mais tout ne se passa pas comme prévu.
Les boucheries mandatées pour fournir la viandes aux troupes, vont continuer d'acheter leurs viandes à prix fort en Grande-Terre, de plus, le marché de la Nouvelle Angleterre (le Canada), fournisseur régulier de viande aux français était fermé. Reste que le groupement mis en place pas Nolivos, n'était pas rentable. Les prairies avaient un mauvais rendement du fait de l'humidité. Les agriculteur souhaitaient redistribuer les terres et développer des cultures maraichères, qu'ils jugeaient plus rentables.
Suite à la guerre de Sept ans, la France avait perdu le Canada.
Le Duc de Choiseul avait lancé à Kourou un projet identique à celui de Matouba. Ce projet aussi extravagant que mal préparé, va se solder par un désastre. 12 000 personnes sur les 15 000 qui sont
envoyées à Kourou (Alsaciens et Lorrains) pour la plupart, vont mourir de fièvre putrides, de faim et de piqures d'insectes.
Les 3000 survivants, vont être dirigés vers la Guadeloupe sur les hauteurs de Saint-Claude, par Thibault de Chanvalon, descendant d'une des premières familles de colons ayant ont débarqué en Martinique au début de la colonisation.
Quelques mois plus tard, 2000 hommes parmi lesquels des allemands, des canadiens et des acadiens qui refusaient de se soumettre aux anglais
vont arriver au Matouba.
Le premier travail pour ces hommes, sera de défricher les terres précédemment occupées par les français. Ils seront à l'origine des jardins potager du Matouba. Pour la mise en valeur de la région du Matouba, Nolivos, reprend le projet de Chanvalon qui était de construire une route reliant Basse-Terre à Pointe-à-Pitre, en passant par le Matouba dans l'espoir de raccourcir le trajet . Le projet sera vite abandonné. L'ébauche du tracé sur le terrain deviendra par la suite, "La trace Victor Hugues" et aboutira à Petit-Bourg. Le parc du Matouba servira de retraite pour les habitants lors les différentes attaques anglaises de 1691, 1703, 1759 et 1794. Ce refuge naturel sera intégré dans le système de défense français par Victor Hugues.
Ce site était déjà une défense naturelle grâce à l'escarpement de ses montagnes, mais cela n'empêcha par la construction de redoutes
fortifiées.
Le gouverneur Ernouf, fera installer des canons sur toutes les montagnes alentours, s'installa avec ses troupes dans le parc du Matouba
considéré comme imprenable.
Lors d'une grande offensive anglaise au Matouba, Ernouf, sera contraint d'abdiquer.
Boyer Peyreleau qui a assisté à cette bataille dira par la suite, "Ernouf avait commis une erreur en abandonnant le projet de la route à travers les montagnes. Ainsi il s'est retrouvé piégé et dans l'impossibilité d'un repli stratégique".
En
1775:
Le gouverneur de Nozière lancera la construction d'un pont sur la rivière
Noire qui facilitera les communications avec le Matouba.
1802:
C'est sur les hauteur du Matouba que Delgrès et ses hommes se sacrifieront
pour le peuple noir en refusant de se rendre à Richepanse venu en Guadeloupe pour rétablir l'esclavage sur ordre de Napoléon..
Quelques années plus tard, c'est encore au Matouba qu'on installera un campement provisoire pour permettre aux militaires de se reposer entre deux batailles.
1827:
Le Baron des Rotours (gouverneur) va installer au Matouba un campement de
baraques en bois. Ce même projet devait être transformé en caserne maçonné en 1830 et devait servir de "maison médical et de repos" pour les militaires de retour de campagne. Mais cette caserne ne
verra jamais le jour. Des Rotours devra se contenter de cases en bois couvertes de paille.
On ne fera plus de travaux, si bien que les baraques vont être détruite par
l'humidité et les poux de bois et un nouveau camp va être construit à Dolé. Le Camp du Matouba sera définitivement abandonné.
Liens: