HISTOIRE DE LA GUADELOUPE
HISTOIRE DE LA GUADELOUPE    

HISTOIRE DE BASSE-TERRE

 

L'histoire de Basse-Terre est étroitement liée à celle de Baillif du fait que c'est deux villes sont très rapprochées l'une de l'autre.

Le saviez-vous:

Au début de l'occupation de la Basse-Terre, l'actuelle ville de Basse-Terre était divisée en deux bourgs sépares par la rivière aux herbes.

D'un côte il y avait le bourg Saint-François (actuel centre-ville) et de l'autre le bourg de Basse-Terre (actuel quartier des Carmes).

Origine du nom:

Au XVIIe Siècle, on appelait Basse-Terre, toutes les terres protégées des vents. Il était utilisé par les marins pour désigner une terre ou une côte se trouvant sous le vent. « Côte sous le vent » est encore utilisée de nos jours.

Le « Quartier du Carmel », est à lui tout seul, l’histoire de Basse-Terre. Il est au sud de la ville. Il à porté le nom de Basse-Terre jusqu’en 1815.

1635:

Juste un petit rappel (très court): Charles Liénard de l'Olive et Jean Duplessis d'Ossonville, tous deux (colons français du XVIIe venant de l’îles de Saint Christophe (l’actuelle Saint Kitts).

Une autre version, fait état que les deux hommes se sont tout à fait par hasard sur le port de Dieppe. Tous deux se rendent à Paris pour demander à la Compagie des Îles d'Amérique, l’autorisation de coloniser la Guadeloupe. Le choix de débarquer et de s’installer à la pointe Allègre, (située sur l’actuelle commune de Sainte-Rose), se soldera par un échec.

Choix du lieu de débarquement:

Jean-Baptiste (né Jacques) Du Tertre est un homme d’Église (religieux Dominicain) et un botaniste français, né en 1610 à Calais et mort à Paris en 1687.

 

Le père Du Tertre raconte dans ses écrits:

"Le premier soin des gouverneurs fut de chercher un endroit confortable pour installer la colonie. A cet effet, ils parcoururent toute la côte et après beaucoup d'efforts, ils s'arrêtèrent par malheur à l'endroit le plus ingrat de toute l'île, autant à cause de la terre qui est rouge, (et par conséquent plus favorable à faire des briques qu'à mettre des plants)qu'à cause des montagnes. Ils déchargèrent les deux navires et partagèrent les vivres et les munitions de guerre. Cela ne se passa pas sans bruit ni sans querelle entre Les deux capitaines." ( Charles Lienard De L'Olive et Jean Duplessis d'Ossonville ).

Cela n'engage que moi, mais j'émets quand même un doute sur: A cet effet, ils parcoururent toute la côte et après beaucoup d'efforts".

 

Du Tertre met les pieds en Guadeloupe pour la première fois en 1640.

Je me pose donc la question de savoir: comment il a eu tous ces détails ? compte tenue que ce jour là, personne n'avait noté les détails de l'arrivée en Guadeloupe.

 

Du Tertre, se cache bien d'écrire que les indiens Caraïbes, sont allés au devant d'eux pour les accueillir chaleureusement et les aider à décharger les deux navires.

 

 

 

Le lieu du débarquement à la Pointe Allègre.

(Commune de Sainte-Rose)

La colonie quitte Sainte-Rose

La première raison et non non des moindre, est le comportement de Lienard vis à vis des indiens. A cours de vivre, Lienard veut prendre les vivres aux indiens par la force. Cet épisode, finira par un massacre. Les survivants indiens vont persécuter les blancs et les obliger à partir.

Duplessis qui était hostile à ce massacre, tombe malade et meurt de la fièvre jaune quelques mois après le débarquement, en décembre 1635. La colonie, entame alors une marche forcée vers le sud de la Basse-Terre.

Le choix sur la destination:

Comme le dit si ben Du Tertre:

"Le premier soin des gouverneurs fut de chercher un endroit confortable pour installer la colonie. A cet effet, ils parcoururent toute la côte et après beaucoup d'efforts.......".

On peut se douter qu'il y avait certainement d'autres indiens Caraïbes ailleurs. Sans compter que le débarquement des français allait susciter la convoitise d'autres pays européens et autres aventuriers.

La colonie va se diviser tout au long du parcours.

(Plus de détails sur l'histoire de la commune de Sainte-Rose).

De janvier 1636 à 1639:

Le choix de Lienard se porte sur l'extrême sud de la Basse-Terre.

La première chose qu'il va entreprendre, est la construction d'un fort de défense pour mettre la colonie en sécurité.

Fort est un bien grand mot, puisqu'il se résume à quelques pieux servant de palissade, des planches, des monticules de terre et de pierres. Ce fort sans moyens de défenses (canons), servait seulement à la surveillance de l'espace marin (approche de navires ennemis et d'indiens Caraïbes venant de la Dominique.

 

Liénard dont le but était l'extermination systhématique des indiens, va rechercher les indiens et les éliminer, à croire qu'il en fait une affaire personnelle.

4 avril 1640:

Jean Aubert gouverneur en poste à Saint-Christophe, vient d'épouser la veuve de Duplessy. est nommé nouveau gouverneur, en remplacement de Lienard De L'Olive, Aubert, s'emploiera à instaurer une paix durable avec les indiens Caraïbes et de faire de la Guadeloupe la capitale des îles.

 

C'est tout naturellement que les premiers colons se regroupe par sécurité, autour de la rive gauche de la Rivière du Galion. le bourg de Basse-Terre allait prendre forme.

C'est en ce lieu qu'on appelle aujourd'hui Rivière Sens, que le gouverneur Aubert se fera construire une magnifique maison dont il n'aura pas le temps de en profiter.

Pourquoi la ville de Basse-Terre va s'appeler Basse-Terre?

Au XVIIe et XVIIIe siècle et peut-être même avant, cette appellation est utilisée par les marins.

C'est ainsi que l'on retrouve souvent les noms de basse-terre, côte au vent, côte sous le vent, terre-de-haut, terre-de-bas etc....

  • basse-terre représentait le sud d'une terre.
  • haute-terre le point le nord d'une terre.
  • côte-au-vent est celle face au vent d'est (alizés), en général difficilement accessible.
  • côte sous-le-vent est celle protégée du vent.

 

Ce n'est qu'après, que le nom de Basse-Terre est donnée à la ville, puis à l'île.

En ce qui concerne la Guadeloupe (nom du début de la colonisation) aujourd'hui devenue archipel de la Guadeloupe, il englobe:

  • Basse-Terre
  • Grande-Terre
  • Les Saintes
  • Marie-Galante
  • La Désirade

1642:

Charles Houël, sous l'ordre de la Compagnie des Îles d'Amérique, vient en Guadeloupe faire une inspection discrète et faire un rapport à la Cie.

Le père Dutertre va rapporter ce qui suit:

 

"Cette année 1642, Monsieur Houël, un des seigneurs de la Compagnie, fit un voyage aux îles sur l'ordre des seigneurs de la  Compagnie, pour avoir une connaissance parfaite de tout ce qui s'y passait, afin de leur en faire un rapport sincère à son retour en France, mais particulièrement pour choisir une île où il pourrait s'établir. La Compagnie était bien aise d'avoir un des siens sur les lieux. L'intérêt et l'honneur l'obligerait à veiller à la conservation des îles et à son profit."

 

Comme j'ai pu le lire sur d'autres livres à la bibliothèque, Houël fit un rapport plutôt à son avantage pour assoir sa domination futur. En clair, Houël ne reculait devant rien pour arriver à ses fins.

1er. avril 1643:

Charles Houël du Petit Pré (1616-1682) beau-frère de Jean de Boisseret d'Herblay, l'un des actionnaires de la Cie. des îles d'Amérique est nommé gouverneur et Sénéchal de la Guadeloupe.

Houël, échafaude une machination à destituer Aubert et le contrainfre à quitter l'île, mais pas que, puisqu'il va emmener la Compagnie à faire de folles dépenses et la conduire à un dépôt de bilan.

A partir de là, Houël, à les pleins pouvoirs.

 

C'est aussi l'interprétation du mot "engagé" qui prend une toute autre signification. En effet, dès 1635 parmi les premiers colons, il y avait un bon nombre de personnes qui s'engageaient volontairement pour aller "conquérir " le nouveau monde"... si je puis dire ainsi. Ces hommes, pour la plupart sans travail, aventurier, repris de justice ou issue d'un milieu rural où le chômage était très important  etc. .., faisaient le choix d'un engagement volontaire vers l'inconnu, plutôt que de rester en France sans aucun avenir.

La mise en place de ce recrutement a d'ailleurs débuté avec la première expédition de 1635 de Lienard et D'Ossonville, qui seront les premiers recruteurs.

D'ailleurs, je pense qu'on s'est bien caché de leur dire exactement ce qui les attendait une fois sur place, a savoir qu'il devait obéir et  servir la personne qui avaient financé leur voyage. On pourrait dire aujourd'hui, que ce système mis en place, était quasiment féodale.

Au bout des trois années d'engagement, l'engagé qui avait remboursé son voyage était libre de quitter l'île, ou de construire sa propre "Habitation" sur une concession attribuée par la Compagnie (je dirai plutôt Houël), ou de se reconvertir en artisan. Il n'est pas , difficile d'imaginer que peu d'engagés seront récompensés. 

Comme par hasard, la plus grosse vague d'engagés se fera sous le règne de "Houël." Cette pratique s'avère très vite peu rentable. En raison du climat tropical, les blancs supportent mal le rythme de travail imposé.

La cohabitation des engagés avec les premiers esclaves, arrivant en petit nombre sur des navires dit de commerce, devient très vite insupportable et beaucoup quitteront l'île.

Les prémices de l'esclavage en Guadeloupe

Le système colonial, disant le simplement, va profiter aux colons.

Les Caraïbes et les engagés ne sont "pas rentables."

Alors Houël, va demander à la compagnie des esclaves africains, qui selon lui, résisteront mieux au climat.

L'obtention gratuite d'une concession:

Elle était soumise à des obligations orales strictes:

  • Déterminer la superficie en fonction des besoins et sa mise en valeur.
  • Défricher (à l'époque on disait habitué) 30% de la superficie.
  • Habiter.

Tout cela dans un délais relativement court (3 ans).

En cas de non respect, on retirait purement et simplement la concession au colon.

On avait tout prévu pour spolier le colon...... sauf que comme il n'y avait aucun acte officiel, le colon en difficulté, échangeait la concession avec un autre colon, laissant ainsi le temps de finir de préparer sa terre et d'y habiter, puisque le délais repartait pour 3 ans.

Le colon camper sur sa terre plutôt que de revenir en ville.

 

Comme le dit le père Dutertre:

"Il n'y a ni ville, ni bourg, mais seulement quelques rangées de magasins bâtis en pierres et en planches, où les marchands étrangers vendent ce qu'ils apportent et où quelques artisans s'installent pour la commodité du public, comme les tailleurs, les menuisiers, et autres semblables. Chacun (les colons) demeure sur son habitation, excepté quelques officiers ayant souvent affaire au fort. Il n'y a pas de village en France qui ne passât plutôt pour une ville que les prétendues ville de la Guadeloupe, à moins qu'on ne veuille abuser des termes et leur donner un sens différent".

1650:

La maison fortifié que se fait construire Charles Houël, est à l'origine du choix du site pour implanter la ville de Basse-Terre. Ce centre qui semble être vital, sera très vite contesté.

Les administrateurs réduisent la protection de l'île au profit de celle des villes, à l'exemple du château de Houël (Saint-Charles) sur les hauteurs de Basse-Terre et celui des fils Boisseret, le château "La Magdeleine"  sur les hauteurs de Baillif. Basse-Terre devient une ville fortifiée.

La Compagnie des Îles d'Amérique voyait d'un bon œil les deux rades protégés des Alizés, susceptibles d'accueillir les navires en provenance de l'Europe. Houël qui voulait avoir la main mise sur le commerce, va user de sa forte personnalité pour que ce projet n'aboutisse pas.

Houël va jouir de deux concours de circonstance inattendus:

  • Deux ouragans vont contraindre une bonne partie de la population de Baillif à migrer sur la ville de Basse-Terre..... et, .....
  • Le reine Catholique Isabelle de Castille expulse les juifs hollandais du Brésil qui refusaient de se convertir. Ils quittent le Brésil à destination de la Martinique où ils vont être aussi expulsés.

 

Ayant échoué dans ses tentatives du blanchiment du sucre, Houël ne laisse pas passer cette occasion et accueille les juifs en Guadeloupe.

1651:

Charles Houël du Petit Pré, nommé gouverneur de la Guadeloupe en 1643, invite les Carmes à s’installer à Basse-Terre.

Houël s'associe avec son beau-frère Boisseret pour racheter la Guadeloupe à la Compagnie des Îles d’Amérique,  tombée en faillite. Houël et son beau-frère s'associent et deviennent «Seigneurs Propriétaires».

Là ne s'arrête pas la soif de pouvoir de Houël. Il va s'employer à contraindre Boisseret son beau-frère à lui vendre sa part, en l'obligeant à faire des dépenses exagérées.

1653 - 1656:

Houël, va racheter des terrains et des propriétés aux colons qui n'ont pas réussi dans leurs entreprises, aidé en cela par les différents ordres religieux à qui  il avait offert d'immenses parcelles et des esclaves pour en prendre soin.

Il faut dire qu'à cette époques, les religieux avaient une certaine influence  au près des instances dirigeantes.

"Ces cadeaux", n'étaient pas sans arrières pensées. En effet, dès qu'un ordre religieux s'installait, on construisait une église et qui dit église, dit aussi accroissement de la population. On peut dire que toutes ces transactions se faisait sans actes, il était donc facile de déloger une personne, même si comme il était d'usage, le propriétaire donnait son nom au lieu qu'il occupait.

1657:

Charles Houël procède au partage de Basse-Terre. Il attribue la partie située à l’ouest de la ligne allant de Baillif à Goyave à ses neveux, (enfants de Boisseret) et lui gardera, celle située à l’est. Il y fera construire une demeure fortifiée ressemblant à un fort. La ville de Basse-Terre se résume à quelques cases et plusieurs magasins.

Commence alors, l'installation d'une colonie durable.

1659:

Intervient l'aboutissement du partage en deux lots d'une partie de l'île entre Charles Houël et ses neveux (les enfants Boisseret). Ce partage ira à l'avantage de Houël. Mais la rivalité entre les deux famille persiste.

Colbert décide dès son arrivée de substitué l'autorité de l'état à celle des propriétaires. De plus il impose le départ de Houël, qui évidemment ne se laissera pas faire.

L'ancien propriétaire de la Guadeloupe fait appel au Roi pour obtenir une indemnisation pour ses biens. L'imbroglio juridique va durer des années et le 13 avril 1680 donnera à Houël 280 000 livres tournois soit environ 4 000 000 €, une fortune pour l'époque. A cela s'ajoutera, la jouissance de nombreuses terres à la Capesterre, à la Grande-Terre et au Grand-Cul-de-Sac.

1664:

Soit  29 ans après le début de la colonisation. La ville de Basse-Terre ne compte au total qu'environ 300 habitants, chiffre extrêmement bas pour une ville qui a pour vocation de devenir "capitale" de l'île.

 

Grâce au savoir-faire apporté par les juifs hollandais, chassés du Brésil, Houël lance la culture de la canne à sucre. Il entreprit la construction du Fort Saint-Charles, l’actuel Fort Delgrès en bordure de la rivière du Galion. L’implantation de cette monumentale forteresse s’avère rapidement indéfendable. En effet, les anglais ne pouvant pas prendre le fort par la voie normale, n’arrêtaient pas de bombarder à partir les collines environnantes qui étaient plus hautes que le fort. Malgré cette grossière erreur d’emplacement, Houël va devenir un homme très important.

 

Houël fera venir, outre les Dominicains déjà présents, les Jésuites, les Capucins, les Fils de la Charité, les Carmes. Les Capucins s’installeront  dans le quartier Saint-François, à l’ouest de la Rivière aux Herbes, les autres au Carmel. Le couvent des Carmes était construit à l’emplacement de l’actuel lycée Gerville Réache. Quant aux Jésuites, eux vont construire l’église Notre Dame du Mont Carmel.

Houël est remplacé par le nouveau Gouverneur: Claude François du Lyon.

1671:

A cette date, les "puissants" et autres investisseurs, sont ceux qui jouissent d'exemptions, de passe-droits, d'exonérations ."Tiens, tiens, cela ne vous fait pas penser à nos profiteurs modernes?"

 

Charles Houël quant à lui possède, un magasin, une grande savane, un château, armé de canons, une basse-cour, des écuries, une batterie de canons en bord de mer, un porte de la ville du côté de la rivière du Galion et des Habitations etc. ... 

La ville de Basse-Terre va se développer en bord de mer dans les 50 pas géométriques, mais n'empêche pas les habitants de profiter de leurs Habitations avec comme condition, que le Roi reste propriétaire.

Au XVIIIe siècle, on exigera des personnes qui ont construit dans les cinquante pas géométriques acceptent le principe de rendre le terrain, dès que le Roi l'exigera sans le moindre dédommagement.

Comment est arrivée la division en quartiers de la ville de Basse-Terre?

La ville de Basse-Terre a été construite de part et d'autre de la "Rivière aux Herbes". A l'époque, Houël attribue aux Jésuites une parcelle qui prendra le nom de clos des jésuites, non loin de l'actuel fort Delgrès. Une première église très modeste va être érigé à l'extérieur du clos. Plus tard Houël les expulsera de la Guadeloupe.

Houël remplacer les jésuites par deux congrégations : les "Carmes et les Capucins".

Aux Carmes il cède le clos des Jésuites, situé sur la rive gauche de la rivière aux herbes, plus de nombreux avantages, matériels et pécuniers. Les carmes construiront la future église du "Mont Carmel".  

Donc, les offices religieux de Basse-Terre se faisaient dans cette seule et unique église de la ville. Très vite, on va se rendre compte que les crues de la rivière aux herbes vont être un obstacle pour assister aux offices religieux.

Aux Capucins, Houël attribue une parcelle sur la rive droite de la rivière aux herbes Dans le futur quartier Saint-François. C'est là que sera construit la futur cathédrale de Basse-Terre: Notre Dame de Guadeloupe.

Ainsi naquirent, les deux plus vieux quartiers de Basse-Terre.

 

Une autre version, nous dit ceci:

les capucins sont des religieux réformés de l'ordre de Saint-François. Leur installation sur la rive droite de la rivière aux herbes remonte à une donation effectuée par le gouverneur "Claude François Du Lyon ou Dulion" en 1673.

Or Du Lyon, n'est plus gouverneur. son mandat ayant pris fin en 1669.

 

Dulion écrit:

"J'ai cédé la jouissance de la terre que j'ai acquise de Jacques Bagu au révérend père Paul de Rouen, pour l'obliger à faire quelque séjour en cette isle, pour y vaquer aux missions. Il n'est fait la dite déclaration dans les termes où elle est dans la volonté de céder et de laisser pour toujours la jouissance, appartenir pour toujours aux révérends pères capucins qui seront successeurs  dudit père Paul de Rouen".

 

Houël, aurait-il vendu ce terrain à jacques Badu qui l'aurai ensuite vendu au gouverneur Dulion?

Dans cet imbroglio qui dure depuis longtemps, le moins qu'on puisse dire est que ce n'est pas très clair. Le Roi interviendra à plusieurs reprise puis décidera d'attribuer le territoire urbain aux Carmes qui sont les curés des blancs, et les Jésuites, curés des noirs, ce qui laisse entendre qui ces derniers n'ont pas été expulsés de la Guadeloupe comme le prétendait Houël.

Mais les Capucins ne renoncent pas. sous prétexte que leur présence est indispensable dans le bourg, mettant en avant que les fidèles seraient privés des sacrements à chaque débordement de la rivières aux herbes, les empêchant de se rendre à l'église des Carmes.

 

Donc à l'époque, sous l'anciens régime, il y avait deux bourgs, celui desservi par les pères Carmes (paroisse du Carmel) portant officiellement le nom de "Ville de Basse-Terre" et l'autre le bourg de Saint-François (Emplacement de l'actuel cathédrale de Basser-Terre).

Fin du XVIIe siècle:

La défense de Basse-Terre est quasiment nulle, le maison fortifiée de Houël trop éloigné de la falaise qui domine la mer, ne lui permet pas d'être efficace. En effet, le fort est construit tout en longueur et ouvert sur la mer.

Les anglais n'auront aucun mal à causer de nombreux dégâts sans être inquiété.

 

1681:

Un incendie détruira une bonne partie des magasins et logements dans la grande rue du centre bourg (quartier Saint-François).

La rivière aux herbes marque toujours la frontière entre les deux villes et le passage  ne pouvait se faire qu'à gué. Il faudra attendre la période révolutionnaire pour qu'un pont soit construit entre les deux bourg.

La ville de Basse-Terre (le quartier des Carmes) abrite le centre administratif et militaire. Mais la médiocrité de la défense de l'île préoccupe le gouverneur et les habitants, et le feront savoir à la Compagnie.

 

1691:

Les Anglais finiront par débarquer à l'Anse à la Barque , brûle vieux -Habitants et Baillif, puis, pénètre dans Basse-Terre et brûleront le quartier du Carmel, mais finiront par être chassés.

Les habitants reconstruiront la ville tant bien que mal.

 

1693:

L'ingénieur du roi monsieur de Caylus, envoie un courrier au ministre en ces termes:

"Tout le monde convient que la Basse-Terre de la Guadeloupe est la plus belle et la plus abondante partie de l'isle, que la terre produit depuis longtemps sans s'user, et qu'à moins d'enlever les nègres, il est si peu possible aux ennemis d'en ruiner les établissements qu'une bonne partie des habitants qui n'y faisaient que du sucre brut avant la guerre y font actuellement . Cette considération seule m'aurait porté à faire un projet de fortification quand la nature même ne m'y aurait pas invité".

 

Il conclut en disant:

"Il semble cependant que la situation du lieu ait été faite exprès pour le besoin qu'on en avait, et je ne ferais pas de difficultés de dire qu'avec le peu d'ouvrage que le propose, on fera de ce poste la meilleure place de l'Amérique".      

 

1696:

Un an après avoir été nommé gouverneur de Guadeloupe, Charles Auger (1640-1705), fait appel au père Labat pour renforcer  les ouvrages fortifiés de protection de la ville.

Labat envisage de construire une enceinte autour du bourg de Basse-Terre, ignorant le bourg de Saint-François.

 

1703:

Les anglais reviennent une seconde fois et devront faire face à une farouche résistance. Les militaires anglais affaiblis par la maladie, vont abandonnés l’assaut.

Toujours en 1703, les anglais attaquent de nouveau et brûlent le sud de la Basse-Terre, le Carmel et l’actuel Fort Delgrès. En fait les anglais avaient un seul objectif: effacer la présence française aux Antilles.

Labat, décrit Basse-Terre en ces termes:

"Le bourg que les anglais avaient brûlé en 1691 était presque entièrement rétabli. Il commence au dessous de la hauteur sur laquelle le fort est situé. C'est une longue rue qui va depuis cet endroit jusqu'à une ravine appelée ravine Billau (ou Billot). Elle est coupée inégalement  aux deux tiers de sa longueur par la rivière aux herbes.

La partie la plus grande et la plus considérable est entre est entre cette rivière et le fort, et retient le nom  de bourg de Basse-Terre. Celle qui est depuis la rivière aux herbes jusqu'à la ravine Billau se nomme bourg Saint-François parce que les Capucins y ont une église et un couvet. Il y a dans ces quartiers cinq ou six petites rues de traverse avec quatre églises".

 

Le quartier Saint-François entre 1703 - 1789:

Les diverses constructions pour assurer la défense de Basse-Terre se sont avérés inefficaces, voir inutiles, lors des attaques anglaises (1703 - 1759 - 1794) se solderont par des bombardements et des incendies parmi lesquelles figureront le Fort de Houël et l'église des pères Carmes. Pas mal d'habitants du bourg de Basse-Terre préféreront migrer vers le bourg Saint-François. Peu à peu cette ville en pleine expansion allait prendre le pas sur celle de Basse-Terre.

 

Plusieurs ponts construits en bois vont être emportés  par les crues occasionnés par ce torrent.

 

1740:

L'idée de ville commence à murir aux alentours de cette année là. La réunification des deux bourg devait passer la construction d'un pont qui devait relier les deux bourgs.

Finalement, c'est Gabriel-Mathieu d'Erchigny de Clieu plus connu sous le nom de gouverneur De Clieu ou Desclieux, fait construire un pont de pierre qui résistera 2 siècles, avant d'être détruit par le torrent en 1949.

 

1759:

Les Anglais reviennent cette fois pour conquérir la Guadeloupe.

Basse-Terre, Gosier, Sainte-Anne et Saint-François, sont mis à sac et incendiés. Ils s’en prennent aussi aux plantations. Des milliers d’esclaves seront déportés à Antigua. La Guadeloupe finit par capituler et devient une colonie anglaise.

 

Avril 1759:

  • Byam Crump sera le premier gouverneur anglais en Guadeloupe.

 

Avril 1760 à 1763:

  • Campbell Dalrymple, succède à Byam.

 

1763:

Intervient la signature du traité de Paris. La France se voit contrainte, de céder :

  • La Louisiane à l’Espagne.
  • Le Sénégal, la Dominique, Grenade, Saint-Vincent et Tobago à l’Angleterre.

En contrepartie, la France Récupère la Guadeloupe et la Martinique.

 

Il faut préciser, que les 4 années d’occupation anglaise en Guadeloupe, n’a pas apporté que du négatif, bien au contraire. Les anglais pendant cette occupation, ont relancé l’économie de la Guadeloupe.

Les Anglais construisent le nouveau port de Pointe-à-Pitre, développe le réseau routier et accentue le développement de la culture de la canne à sucre à l’aide d’une importante importation d’esclaves.

 

Avant 1759, il n'arrivait que quelques bateaux par ans. Pendant la période de domination anglaise la Guadeloupe voit arriver un très grand nombre de navires dans le port de Basse-Terre, chargés de tout ce que pouvait avoir besoin les colons.

Selon l'historien Lacour:   

" La ville de Basse-Terre sortit de ses décombres plus belle, plus étendue. Une foule de nouvelles d'Habitations furent créée. Celles qui existaient donnèrent plus d'extension à leurs cultures. Il semble qu'aucune autre contrée n'eût encore offert l'exemple d'un passage si prompt et si complet d'une misère profonde à  une exubérance  de richesse et de prospérité". 

 

 

 

 

Plan du bourg de Basse-Terre dessiné par l'anglais Thomas Jefferys pendant l'occupation anglaise

1765:

L'un des plus prestigieux gouverneur français est nommé à la Guadeloupe: Messire Pierre Gédéon de Nolivos, plus connu sous le nom de "gouverneur Nolivos". il mettra toute son énergie dans le développement de Basse-Terre.

 

Entre 1765 et 1769:

  • Il fait construire un pont sur la ravine à Billaud, qui facilitera le développement du "Bas du bourg de Saint-François.
  • Par ordonnance, il accorde quatre mois à tous les propriétaires de terrains de les bâtir.
  • Il ordonne le partage des rues et en fait aplanir certaine afin de faciliter l'écoulement des eaux.
  • Il fait nettoyer et paver le canal qui traverse le bourg de Saint-François.
  • Aménage les abords de la Rivière aux Herbes, pour y installer un marché.
  • Installe une fontaine public.
  • Il demande aux propriétaires de nettoyer devant leur porte.
  • Il fait paver  et planter ce qui deviendra plus tard, "Le cours Nolivos".

 

Pour tous ces travaux d'urbanisations, Nolivos, s'est inspiré du savoir faire anglais.

 

1766:

Deux ingénieurs du Roi arrivent en Guadeloupe pour réaliser des travaux d'infrastructures:

  • Le premier, l'abbé de Talsy entreprend la construction du bastion de Basse-Terre à l'intérieur du fort Saint-Charles.
  • Le second, Un certain sieur Girard entreprend la construction de plusieurs ponts.

 

1767:

A leur tour, les Jésuites sont expulsés. Les Carmes rachèteront leur église. Les Frères de la Charité construisent un couvent placé entre le tribunal et la prison de Basse-Terre, leur vocation était de soigner les malades.

Au XIXe siècle, on craint une révolte des esclaves. Basse-Terre, va se transformer en « ville de garnison ». Le couvent des jésuites deviendra un arsenal, la construction d’un hôpital militaire sur l’emplacement actuel du lycée, la construction de l’hôpital « Camp Jacob » à Saint-Claude et l’aménagement de l’actuel « Champs d’Arbaud en camp d’entraînement pour les troupes.

 

1776:

C'est au tour  de Bache-Elzéar- Alexandre, Comte d'Arbaud de Jouques, plus connu sous le nom de Comte d'Arbaud

de suivre les pas de Nolivos. Son nom restera lui aussi attaché à la ville de Basse-Terre. On lui doit la plus belle place de la ville: "Le Champ-d'Arbaud" qui à l'époque,  s'étendait  jusqu'au bord de la mer et servait de terrain d'entraînement des troupes de l'artillerie.

 

1778:

Construction du pont à une seule arche équipé de deux ponts-levis sur la rivière du Galion.

"Ce pont  visible depuis le cimetière du fort, vient d'être restauré". Constructeur L'abbé de Talsy et le sieur Girard.

 

1780:

Aux alentours de cette année là, Basse-Terre, est le chef lieu de la Guadeloupe. Bien qu'étant le centre administratif et économique. Sa concentration commerciale n'aide pas les habitants à en profiter, puise que le pouvoir commercial reste entre les mains des négociants martiniquais aidés en cela par les gouverneurs généraux des îles du vent.

 

En effet, en 1668, de Baas est nommé lieutenant général des îles du vent en Martinique. Ainsi, la Martinique devient chef-lieu des colonies françaises des Antilles et prend administrativement sous tutelle, la Guadeloupe.

C'est tout naturellement que navires et commerçants vont choisir de s'installer en Martinique (Saint-Pierre).

Les gouverneurs et intendants de la Guadeloupe étaient commercialement parlant, pieds et mains liées. Ils ne pourront prendre aucune décision et passeront leur temps à se plaindre de la tutelle martiniquaise.

Les colons Guadeloupéens, devant cette situation devenue intolérable, vont mettre en place un "commerce interlope", avec les colonies anglaises, aidés en cela, par les gouverneurs locaux.

 

Définition de commerce interlope:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_interlope

 

Mais, parce que il y a toujours un "mais", les commissionnaires de Saint-Pierre n'hésiteront à dénoncer les agissements de la Guadeloupe.

 

Selon l'historien Lacour: (en parlant du gouverneur de Larnage), nous dit:

 

"De Larnage, dut lutter contre les commissionnaires de Saint-Pierre qui ne reculaient devant aucun moyen pour arrêter les navires en route pour la Basse-Terre. Ces commissionnaires s'efforçaient de faire accroire aux capitaines que le sucre fabriquait à la Guadeloupe était d'une qualité inférieure à celui fabriqué à la Martinique. Ils avaient découvert cela depuis que les efforts étaient faits pour leur en retirer la vente."

 

En Guadeloupe, la quantité et la rareté, ont agi sur le prix des denrées. 

Basse-Terre, à la veille de la Révolution, mène un combat de leader commercial à l'intérieur même de la Guadeloupe au profit de Pointe-à-Pitre. Il faut dire que Pointe-à-Pitre offrait un mouillage sécurisé par rapport à la rade de Basse-Terre. Expédier le sucre vers la métropole, à partir du port de Basse-Terre allait coûter très cher et surtout allait demander d'énormes moyens de transport.

De plus, la Grande-terre et le Grand-Cul-de-Sac longtemps ignorée vont être mis en valeur par de nouvelles plantations de canne à sucre. Rapidement, ces nouvelles contrées deviendront très vite, le principal secteur sucrier de l'ensemble de la Guadeloupe.

 

Pendant l'occupation anglaise jusque dans les années 1760 à 1770 à fait que Saint-Pierre en Martinique avait le monopole du commerce aux Antilles.

 

1786:

Construction d'un pont sur la rivière des pères grâce à une souscription des villes de Vieux-Habitants, Baillif et Basse-Terre. S'ensuit la construction d'un pont de pierre sur la ravine Espérance.

Constructeurs L'abbé de Talsy et le sieur Girard.

 

XVIIIe siècle:

Le développement grandissant d'habitations sucrerie en Grande-Terre mena le gouvernement à prendre la décision de construire ou plutôt d'agrandir le port de Pointe-à-Pitre et développer des villes autour du Petit-Cul-de-Sac, jusqu'à lors jugés sans intérêt. La remise en cause du chef-lieu ( Basse-Terre) devient évidente pour plusieurs raisons.

 

D'abord, l'expédition de la production de sucre depuis Basse-Terre posait un sérieux problème de logistique.

Venait ensuite, "la rade" trop petite pour accueillir les navires toujours plus nombreux. Le manque de quais obligeait les navires à rester en rade. Le chargement et déchargement des navires se faisait avec des canots.

Le gouvernement Nolivos interdira aux capitaines la Rade de Basse-Terre, trop dangereuse pendant l'hivernage.

D'ailleurs, Le gouverneur Bourlamarque reçoit l'ordre de lancer l'agrandissement du port de Pointe-à-Pitre, et surtout, de choisir l'emplacement pour la construction du ville militaire et commerciale pour en faire le nouveau chef lieu.

Bourlamarque refuse de se prononcer en faveur de Point-à-Pitre, jugeant cette zone insalubre à cause des marécages.

 

Nolivos, pense le contraire. Pour lui, faire de Pointe-à-Pitre le nouveau chef lieu est nécessaire en raison de sa position centrale dans l'île. Restait quand même à régler le problème d'approvisionnement de l'eau et surtout la défense de la grande-Terre

 

Emmener le sucre en Martinique pour l'expédier vers la métropole allait provoque une hausse des prix du sucre.

 Reste un problème et non des moindres: Le coup des denrées importées qui coûtaient beaucoup plus cher.

 

1888:

Le percement du canal de Panama amènera le gouvernement à concentrer toutes les forces militaires en Martinique. Il met en vente les bâtiments militaires de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre.

 

L'agriculture à Basse-Terre:

1671:

La région de Basse-Terre était la plus grande zone agricole de canne à sucre mais va stagner un moment. Puis va amorcer un déclin de cette culture pour la bonne raison que la configuration du terrain se prêtait mal à la culture de la canne et surtout à son transport qui ne pouvait se faire  qu'à dos d'hommes.

 

Conséquences:

  • Il fallait gérer la fatigue des esclaves.
  • Trop de difficulté pour transporter la canne jusqu'au moulin.
  • Il fallait plus d'esclave pour le travail des champs etc. ...

Le sol sollicité pendant des décennies auquel vient s'ajouter  les ouragans ravageurs font qu'à la fin de l'Ancien régime, la région de Basse-Terre n'aura plus qu'une production que l'on peut qualifier d'insignifiante.  

Le résultat ne se fît pas attendre, plusieurs Habitations font faillites, pendant que d'autres vont se reconvertir dans d'autre cultures comme le café, le coton et le cacao.

 

La Révolution de 1789, provoque un effondrement des cultures destinée à l'exportation.

 

1794 à 1802:

Les colons vont être confrontés:

  • A des incendies et des destructions volontaires. (Révoltes d'esclaves à cause de la non application de la première abolition de l'esclavage).
  • Des ouragans. (Aléas climatique).
  • L'invasions de chenilles et de rats.

Pour lesquels les colons sont impuissants faute de moyens financiers. Pour couronner le tout on crée des taxes sur le café dès l'arrivée dans les ports Français. Quant au coton, impossible de lutter contre la concurrence américaine. 

 

Les navires se font de plus en plus rares et les capitaines craignent de se retrouver bloqués dans les îles à l'approche de la période d'hivernage.

 

Pour faire court:

Le commerce officiel périclite et seul les flibustiers et corsaires viennent négocier les prises faites en mer.

Cette situation durera jusqu'à l'abolition définitive de l'esclavage en 1848. Et bien sure, qui dit pas de navire, dit pas de vivres.

 

Durant le XIXe, on assiste à la création d'autres ports et entrepôts situés en zones sucrières comme le Moule et Port-Louis en Grande-Terre et Grand-Bourg à Marie-Galante. Ces nouveaux port ne vont accentuer l'isolement commercial de Basse-Terre.

Seule les nobles qu'on appellera les grands blancs tireront leur son épingle du jeu.

"Force est de constater qu'aujourd'hui, les choses n'ont pas tellement changé"

 

Après 1780:

Le déclin du port de Basse-Terre débouche sur une période de difficultés économiques et pousse "Les Petits Blancs",

à la reconversion ou à quitter la ville. Pour eux le danger vient des noirs et des gens de couleur, qu'ils soient libres ou affranchis occupants des postes identiques.  

 

La vérité est tout autre:

  • La société blanche perd fortune et prestige.
  • Les religieux, hormis les capucins, seront écartés de tous pouvoirs.
  • L'ascension très importante des libres de couleur.

L'administration s'emploie à maintenir les affranchis à un statut inférieur à celui des blancs, sans vraiment y parvenir.

Malgré cela, les libres vont chercher par tous les moyens à intégrer  dans la société des blancs mais aussi, à s'éloigner des esclaves alors qu'ils employaient eux mêmes des esclaves qu'ils traitaient comme tel.

Il n'y aura plus de châtiment comme par le passé. La punition se résumera à des privations de sorties.

 

Mai 1792:

Nomination de Georges, Henri, Victor Collot plus connu sous le nom de Général Collot, gouverneur de la Guadeloupe. Le quartier sera totalement dévasté.

 

Avril 1794:

Basse-Terre va subir ses premières destructions pour le moins curieuses. En cause, très certainement la crainte du transfert de chef-lieu. Pointe-à-Pitre et la Grande-Terre, se rendent aux anglais, sans aucune résistance et les sans culottes, chargés de la défense prennent la fuite en direction de Basse-Terre.

 

Apprenant l'invasion anglaise, Collot fait évacuer femmes et enfants et promet de mettre le feu à la ville plutôt que de la livrer à l'ennemi.

Mais se sont les républicains  de Pointe-à-Pitre qui mettent le feu au quartier du Bas-du-Bourg après avoir piller les maisons. Les républicains feront la même chose au quartier du Carmel, malgré les menaces de mort dont ils font l'objet.

La garde nationale, intervient rapidement et fusille sur place les républicains responsables des troubles. 

 

Et le 23 avril 1794:

Le gouverneur Collot, signe la capitulation de la Ville de Basse-Terre.

 

Décembre 1794:

Victor Hugues bombarde Basse-Terre où se trouve les anglais, qui se mettent à l'abri dans le fort Saint-Charles. Hugues les poursuit et bombarde le fort pour les déloger. Dans la nuit du 10 au 11 décembre les anglais vont évacuer le fort dans le plus grand secret et quittent la Guadeloupe.

 

Jean-Baptiste Victor Hugues ou Hughes

Il est plus connu sous le nom de Victor Hugues. Né à Marseille le 20 juillet 1762 et mort à Cayenne le 12 août 1826, est un révolutionnaire qui gouverna la Guadeloupe de 1794 à 1798.

 

Victor Hugues "Le révolutionnaire"

 

1793:

Il est nommé accusateur public à Rochefort puis à Brest.

 

1794:

Il est nommé Commissaire de la République en Guadeloupe par la Convention Nationale aves pour mission, de faire appliquer  le décret du 4 décembre qui prononce l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises d'Amérique.

 

11 avril 1794:

 Les forces armées anglaises débarquent au Gosier.

 

20 avril 1794:

Le gouverneur Victor Collot capitule face au général Thomas Dunbas qui devient maître de l'île après l'attaque du fort fleur d'épée. Ce fort de défense jugé inutile était plus ou moins désaffecté, seulement occupé par des noirs et des gens de couleur sans défenses. Les anglais vont éliminer tous se occupants.

Les émigrés  qui avaient fuit la Révolution, rentrent avec les britanniques et lancent des représailles contre les républicains.

 

2 juin 1794:    

Victor Hugues débarque à son tour au Gosier, vraisemblablement sur la plage des salines avec Les généraux Cartier et Aubert, qui immédiatement organise le soulèvement de la population contre les anglais.

Mettant immédiatement en application le décret sur l'abolition de l'esclavage, il enrôle près de 3000 noirs et gens de couleurs et vont harceler les anglais à Basse-Terre qui finiront par quitter la Guadeloupe.

La Guadeloupe est enfin libérée.

Il entreprend alors la libération des îles voisines: La Désirade le 17 juillet et Marie-Galante le 27 octobre.

Il organise la quasi-guerre contre les Etats-Unis en autorisant les corsaires français à attaquer la flotte américaine. 

 

Victor Hugues, sera-t-il en même temps libérateur et tyran?

Rien n'est moins sure. Il fallait rétablir l'ordre public au plus vite.

L'église de Saint-François à Basse-Terre, sert d'hôtel de ville et celle du Carmel de prison.

Sur la place de l'église, il fait installer la guillotine.

 

Victor Hugues, se distingue par plusieurs actions:

  • Il fait exhumer le cadavre du général Dundas, responsable du massacre des noirs et gens de couleur du "Fort Fleur d'Epée, qu'il fait jeter sur la voie public.
  • Il fait emprisonner le maire et le conseil municipal pour un retard à la cérémonie de la plantation de l'arbre de la liberté et s'un monument en forme de mausolée.
  • Après avoir refusé tout salaire aux cultivateurs des campagnes, il interdit toute redistribution des maisons confisquées en ville quasiment en ruines.
  • Victor Hugues fait savoir aux anglais, qu'il fera fusiller autant de prisonniers anglais qu'il sera tiré de coup de canons, contre les villes du littoral, précisant que Basse-Terre n'a pas souffrir des agressions britanniques qui cherchent à capturer les noirs pour les vendre dans leurs colonies où l'esclavage sévit encore.

 

Après quelques mois de calme en Guadeloupe, obtenue au prix d'une application de la terreur. Victor Hugues, met les anciens esclaves au travail forcé.

Durant cette période, les royalistes sont pourchassés. Plusieurs centaines de blancs créoles sont guillotinés et leurs Habitations réquisitionnées.

 

6 janvier 1798:

La métropole manque de sucre et de tabac et exige le maintien de l'économie des plantations.

 

Les Békés :

Menacent de livrer les colonies aux anglais.

(Aux Antilles françaises, un Béké est un habitant créole à la peau blanche de la Martinique et de la Guadeloupe descendant des premiers colons européens).

Voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9k%C3%A9

 

22 avril 1798:

Eruption de la Soufrière.

 

5 juin 1798:

Sous la pression des émigrés qui dénoncent les excès de Victor Hugues,  le général Desfourneaux est nommé gouverneur en remplacement de Victor Hugues.

 

22 novembre 1798:

L'arrivée du général Desfourneaux en Guadeloupe accompagné du général Pélardy, crée la consternation de la population.

 

Janvier 1799:

La présence de Victor Hugues, redevenu simple citoyen, gêne les nouveaux dirigeants. Par un tour de "passe-passe", ils vont le retenir Hugues à bord d'un navire en partance pour la métropole, contre son gré.

 

En l'espace de 8 ans, la Guadeloupe est la seule colonie à avoir connu l'abolition et le rétablissement de l'esclavage.

 

Pour en finir avec la présence de Victor Hugues en Guadeloupe, il reste pour moi un grand homme qui a fait comme bien d'autre l'histoire de la Guadeloupe.

 

L'illusion passée, toutes les structures vont subir les contrecoups de cette semi-liberté.

  • Les colons blancs ne sont plus les mêmes. Ceux qui ont échappé à la guillotine, ne reviennent pas de leur exil.
  • Les noirs qui ont goûté à la liberté ont pris goût à l'indépendance.
  • Les libres de couleur, ne veulent plus se soumettre aux vexations des blancs.

 

Les nouveaux blancs qui viennent s'installer  en Guadeloupe n'ont pas l'envergure des anciens colons ni l'argent nécessaire pour se développer.

 

1802:

Cette année là, sera la plus douloureuse pour la Guadeloupe.

Richepanse est envoyé par Napoléon pour mater la rébellion et rétablir l'esclavage et éliminer Delgrès, retranché avec ses hommes dans le fort Saint-Charles.

Mais avant cela, combats de rue, incendies, assassinats, pillages et bombardements de la ville vont être le quotidien des Basse-terriens durant tout le mois de mai. La répression sera extrêmement sévère.

 

1810 à 1814:

La Guadeloupe redevient anglaise. Le gouverneur Cochrane prend en mains la remise en état de la ville.

Les anglais lève un impôt sur tous les habitants de Basse-Terre pour la reconstruction de l'église du Carmel, noirs et libre de couleur compris.

 

La ville n'était plus la belle capitale d'antan, elle avait l'allure d'une ville qui avait subi plusieurs séismes en quelques jours. Le bord de mer était ravagé.

 

1816:

Un cyclone frappe durement l'archipel.

 

1818:

Le gouverneur Lardenoy va entreprendre des travaux d'embellissements à travers toute la ville.

Il fera aussi planter les célèbres allées de manguiers et palmiers du Champ-d'Arbaud

 

en 1819:

L'hôpital militaire est construit à la place de couvent des Carmes.

 

1820:

L'insalubrité pose problème en bord de mer de la ville de Basse-Terre. Les habitants jettent les immondices en bord de mer. On va interdire le jet sauvage des ordures. Des endroits seront désignés à cet effet.

 

1821:

Un autre cyclone balaye la Guadeloupe.

 

1825:

Cette fois le cyclone qui passe  entre autre sur la ville de Basse-Terre, fait d'énormes dégâts. Seules une quarantaine de maisons sur plus de trois cent seront épargnées.

1844:

Il y a trop d'incendie dans la ville. Un nouvel incendie se déclare aux abords du cours Nolivos détruisant une cinquantaines de maisons. On finit par interdire l'utilisation des essantes (Petites planchettes minces) servant de couverture pour les toitures.

 

Par mesure d'économie, on utilisera la tôle ondulée.

 

"Si on tient compte de la chaleur diffusée par les tôles, , la température à l'intérieur devait être insupportable".

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