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Il est bon de rappeler que tous les maîtres des Habitations n'ont pas été des tortionnaires.
David Duval de Sanadon, né en Guadeloupe en 1748, mort le 6 mars 1816 résida en France, et écrira plusieurs ouvrages sur l'esclavage, il est un fervent antiesclagiste.
David Duval de Sanadon, dira: "que l'esclavage est un grand mal".
David Duval de Sanadon, né en 1748 en Guadeloupe et mort le 6 mars 1816 à Amfreville-la-Campagne, est un antiesclavagiste français, auteur de plusieurs travaux sur l'esclavage dans la seconde moitié des années 1780.
Les français..... Quels français......? Disons plutôt les profiteurs, vont convaincre Louis XIII qui était contre l'esclavage, que d'aller capturer les noirs en Afrique était leur rendre service en les soustrayant à la barbarie des leurs. Bien sure, les choses se passeront autrement.
Au fil des années qui passent, les captifs, peu habitués au travaux dans les champs vont mourir: soit de la surexploitation, soit de maltraitances.
Pourtant ces captifs, avaient été accueillis "avec douceur, et humanité". Précisons quand même, que seul une poignée de maîtres avait un comportement humain.
On stoppa l'arrivée des noirs d'Afrique jugés moins résistants, en les remplaçant par des engagés volontaires.
Qui était ces engagés volontaires?
Des marins sans affectation de navire, des vagabonds, alcooliques etc. ... Là encore, ces "Engagés Volontaires" sous contrats d'une durée de trois ans, avaient du mal à s'intégrer...... ce fût donc un mauvais choix. Malgré l'expérience passée avec les noirs, la reprise de l'importation d'esclaves reprend.
Que sait-on réellement sur l'esclavage des noirs?
La cruauté de certains maîtres n'est plus à démontrer, face aux rebellions d'esclaves sur les plantations.
Le maître et les esclaves:
Les maîtres, vivaient dans une insécurité permanente. Les violences contre les esclaves, étaient le seul moyen qu'ils avaient trouvé pour mener à bien la gestion journalière d'une Habitation.
La violence, était-elle devenue un stimulant économique?
Bien sure ! Les européens immigraient dans les colonies pour s'enrichir. Pour lui, (Le maître) l'homme noir était en premier lieu, qu'un simple instrument de travail
qu'il achetait au prix fort, d'où la nécéssité de rentabilité. Mais se comportement avait un revers. Un esclave malmené avait une espérance de vie très courte. Tout le monde sait que dans un pays
chaud, la journée de travail n'est en rien semblable à celle de l'Europe.
Avant le Code Noir, un maître n'avait aucune obligation envers son esclave. Même après le semblant de mise en application de ce fameux Code Noir, tout était prévu pour que les choses ne changent
pas.
Seuls les maîtres fortunés achetaient leurs esclaves au comptant, tandis que les autres devaient les acheter à crédit, souvent payé par le sucre ou par d'autres produits qu'ils produisaient. La période de remboursement des crédits était relativement courte.
Ceci expliquant cela, c'est peut être là, une des raisons des violences. Produire vite et plus, pour rembourser les emprunts.
Celui-ci devait travailler jusqu'à épuisement qui, à non pas douter le menait tout droit à la mort. Un esclave mort, devait être remplacé rapidement, sous peine de voir la production chuter....... En
acheter un autre ......C'était un cercle infernal.
A cela s'ajoutait la surexploitation des terres qui devenaient de moins en moins fertiles. Le commandeur était là avec son fouet pour pousser à l'extrême le travail des esclaves jusqu'à tard dans le
nuit.
Le maître avait la possibilité de louer les services d'engagés volontaires, mais ne le faisait pas..... trop radin ce brave monsieur.
Les esclaves travaillaient dur pour le défricher les immenses parcelles et encore plus au moment de la récolte, qu'il fallait mettre à l'abri de peur que la pluie la détruise. Tout cela pour satisfaire la demande grandissante des européens pour les produits coloniaux "Dit exotiques" comme le sucre et le café, considérés à cette époque comme des produits de luxe. A cela venait s'ajouter, le tabac, l'indigo, le cacao etc. ...
Le déchaînement de la violence, un impératif inconditionnel:
Certains planteurs, vont contraindre les esclaves à travailler par la force, sachant très bien que cette situation de contrainte allait tôt ou tard, déclencher une révolte. Le maître, savaient aussi, que si une révolte éclatait au sein de l'Habitation, lui, sa famille, le donneur d'ordre et quelques "Chefs d'équipes", même armés de fusils, auraient bien du mal à contenir un quelconque soulèvement.
Sous le règne de Louis XIV, des centaines d'Habitations vont voir le jour. Ainsi, fut créé, la Compagnie des Indes Occidentales et le commerce triangulaire facilitera l'importation d'esclaves noirs dans les colonies. Cet acte irréfléchie était loin de régler le problème de l'insécurité. Très vite le recensement fit apparaître que les hommes de couleur au sein de la population de la colonie était plus de deux fois supérieure à celle des blancs, pour enfin atteindre à la veille de la Révolution Française, la proportion de 1 blanc pour 10 noirs à Saint-Domingue et 1 blanc pour 3 noirs dans les autres colonies.
Déjà à cette époque, les colons payaient un impôt basé sur le nombre d'esclaves qu'ils possédaient..... Ce qui laisse supposer que bon nombre d'entre-eux faisaient de fausses déclarations en évitant de déclarer les enfants, les femmes et les vieillards pour éviter d'être trop imposés. ....Sans compter le marché parallèle d'esclaves de contrebande, très nombreux dans les colonies. "On a rien inventé, la fraude fiscale existait déjà".
Cette pratique de la violence extrême exercée par le colon, avait pour but premier, sa sécurité et celle de sa famille aidé en cela, par le Code Noir.
La sévérité des lois coloniales et le Code Noir:
Le Code Noir, écrit par Colbert, fût promulgué par Louis XIV en 1685, ce recueil d'une soixantaine d'articles n'était applicable que dans les colonies. Même si certains article semblaient donner un avantage aux esclaves, celui-ci ne sera jamais appliqué. Le fait de dire que l'esclave était un "bien meuble" donnait tous les droits a son maître y compris celui de mort.
Concernant les quelques articles qui parlaient de protection et des droits de l'esclave, ils ne seront jamais portés à sa connaissance,
d'autant plus, que ces mêmes lois interdisaient la scolarisation des esclaves.
L'administration, savait qu'il y avait de bons maîtres, interdiction leur sera faite de colporter verbalement les lois à l'avantage des esclaves. Les autres colons craignaient que ces lois, étaient à
non pas douter un pas vers la révolte.
Fénelon gouverneur de la Martinique, affirmait 1754:
"Que la sûreté des blancs, moins nombreux, entourés dans les Habitations par ces gens-là, exige qu'on les tienne dans la plus profonde ignorance".
En maintenant l'esclave dans l'ignorance, cela permettait de garantir une paix sociale, indispensable pour mener à bien les affaires. c'est exactement le contraire qui s'est
produit.
L'instruction religieuse:
Quant à elle, était imposée par le Code Noir.
D'ailleurs, en tout début du Code Noir, il est écrit, "Tous les esclaves de nos îles, seront baptisés et instruits dans la religion catholique et apostolique et romaine". Prévoyant même une amende
arbitraire pour le maître qui ne se plierait pas à cette exigence. Il était aussi prévu, une interdiction de faire travailler les esclaves les dimanches et jour fériés toujours sous peine
d'amende.
En fait, la seul chose que l'on enseignait aux esclaves, était qu'il fallait craindre les esprits ou encore les tourments de l'enfer, que le châtiment corporel infligeait par son maître était la volonté de Dieu. On leur faisait croire, que le respect absolu pour son maître, lui ouvrait les portes de l'au delà. En fait c'était la seule façon de gagner le ciel....... Très fort, les pères évangélisateurs de l'époque..... D'autant plus qu'un bon nombre de pères étaient eux mêmes esclavagiste.......Et l'incrédulité de ces pauvres gens, faisait le reste.
L'esclave acceptait le baptême, non pas par conviction, mais juste pour contenter son maître. Preuve en est, que par la suite l'esclave se tournera vers sa religion: a l'exemple d'Haïti avec le Vaudou.
Le jour de repos:
Concernant un jour de repos hebdomadaire, la loi coloniale n'avait rien prévu. Les colons savaient qu'à se rythme l'esclave ne pouvait pas tenir longtemps.
A son bon vouloir, le maître pouvait donner un jour de repos pour un baptême ou pour le jour de culte. Seul les bons maîtres
respectaient la loi, parce qu'ils n'avaient rien à craindre pour leur sécurité. Pour les autres peu sont ceux, qui l'ont respecté.
D'une part, parce que le jour de repos représentait un manque à gagner et d'autre part, ce jour de congé pouvait être un prétexte à une réunion. Pour un maître, une réunion voulait forcément dire,
préparation d'un complot contre lui.
La nourriture:
La loi obligeait les quantités suivantes:
Chaque semaine, pour les esclaves âgés de 10 ans et plus, on devait leur donner 2 pots et 1/2 (environ 4,5 kg) de farine de manioc ou 3 cassaves ou plus pour un poids total de 4,5
kg.
En outre il avait 2 livres de bœuf salé ou 1,5 kg de poisson.
Pour les enfants de moins de 10 ans, ils avaient droit à la même chose sauf que les quantités étaient moitié moins.
On avait pris pour habitude de mal nourrir les esclaves.
Certains maîtres donnaient une nourriture si mauvaise, que même les animaux ne la touchait pas, pendant que les bons maîtres soucieux de la rentabilité de leur exploitation, donnaient d'une part une
nourriture saine mais en plus, il donnait des lopins de terre pour permettre aux esclaves de cultiver de la nourriture qu'il avait l'habitude de manger.
L'habillement:
Le maître devait aussi fournir l'habillement pour chaque esclave: deux habits de toile ou environ 4 aulnes de toile, environ 4,80 m, pour confectionner lui même,
pantalon, chemise et robe.
Bien entendu là encore, le maître décidait.
Dernier point et non des moindres:
Que se passait-il, en cas de non respect des lois édictées dans le Code Noir?
- La brutalité quotidienne,
- La mauvaise nourriture,
- Le refus du repos hebdomadaire,
- Les journée de travail sans fin,
- Le droit de mort sur les esclaves,
Quel était alors le recours qu'avait l'esclave contre le maître ou le commandeur?
L'esclave, évitait de se plaindre, parce qu'à son retour à la plantation, il savait que le maître allait le punir.
En premier lieu:
Un esclave avaient la possibilité d'en faire part au procureur pour obtenir la protection de la loi. Le procureur en informait les officiers royaux qui suivant la gravité des faits punissait le maître ou le commandeur suivant l'atrocité de l'acte.
Mais la logique du texte, n'a jamais été appliqué, puisque l'esclave obtenait que rarement pour ne pas dire jamais que sa plainte aboutisse. Les maîtres en accord avec le pouvoir ne parlaient pas du contenu du Code Noir..... et comme le nègre n'était pas instruit, sa marge de manœuvre était plus que restreinte.
Et puis, porter plainte contre le maître comportait des risques. elle pouvait être sans suite, ou voir sa peine doublée, ou subir une
punition supplémentaire etc. ...
Malgré l'interdiction qui leur était faite, les bons maîtres n'hésitaient pas à éduquer quelques esclaves dans le secret. Ils leur apprenait à lire, leur confiait des taches à responsabilité, allant
jusqu'à en faire des hommes libres, qui pouvaient même porter son nom.
Comme il est écrit dans le code noir, l'esclave est un "bien meuble" et n'avait donc droit à rien. Même les enfants appartenaient au
maître. Aucun article ne mentionnait que l'esclave devait être considéré comme un être humain.
Si bien que les esclaves les plus courageux, tuaient leurs enfants, ou encore les noyaient pour éviter qu'ils soient soumis aux maltraitances.
Le Code Noir restera en vigueur jusqu'à l'abolition définitive de l'esclavage en 1848.
Pour mémoire, pas moins de 55 années ont passé entre la première abolition de l'esclavage en 1793 et l'abolition définitive, en
1848.
Les actes de violences subis par les esclaves:
Comme je l'ai écrit plus haut, les actes de violence était dû en premier lieu, à l'insécurité que ressentait un maître, parce qu'il était entouré en permanence par les nombreux esclaves de son Habitation, qui pouvaient à tout moment se rebeller contre lui, mais pas que.
La violence était le bras armé de l'esclavage. Par cette violence, le colon, pensaient obtenir travail et obéissance, mais pour en arriver là, il lui semblait obligatoire, voir indispensable d'avoir recours à la barbarie, allant du supplice le plus simple, au supplice dépassant tout entendement.
Sévices corporels et assassinats:
Pierre Pluchon écrivain puis académicien, dira que l'image cruelle du maître, n'était pas qu'une légende.
L'esclavage, ce système infâme, a offert aux planteurs les occasions de satisfaire ce besoin sans limites de l'autorité sur de pauvres gens.
Toujours sous l'emprise de la peur, les planteurs avaient un esprit inventif. J'ai pu lire que le raffinement des sévices affligés aux esclaves, était presqu'un "concours" entre les planteurs......
si j'ose dire.
Le maître ou même le donneur d'ordre redoublaient d'imagination, aidés en cela par le Code de Noir qui leur permettait sans impunité, d'appliquer des peines démesurées par rapport à la faute commise. Ainsi, le manque de contrôle de et le laxisme de l'administration coloniale, ont permis l'exercice d'une violence légale et d'une violence illégale.
LES VIOLENCES
LES SEVICES DANS LES PLANTATIONS
Alors qu'il avait survécu à la traversée du désert, une traversée hasardeuse sur un navire, les esclaves étaient marqués au fer rouge des initiales du propriétaire
dès leur arrivée sur la plantation, tout comme on le fait pour du bétail.
Les arabes et les rois noirs faisaient de même pour signifier aux autres que ces hommes et ces femmes étaient leurs propriétés, si tant est, qu'on puisse encore dire "ces hommes et ces
femmes".
LA VERGE
Longue tige en bois souple qui pouvait remplacer le fouet.Ils étaient brûlés à plusieurs endroits du corps et la souffrance était terrible. Là encore, Beaucoup devaient mourir d'infections. Photo d'un esclave qui s'en est sorti après la punition extrême du fouet ou de la vergeSi un miracle le faisait survivre. il était marqué à vie. Très souvent, les souffrances étaient telles que ses congénères l'achevait à coups de pierres pour mettre fin à une longue agonie.
LE FOUET
Consistait à donner un coup de fouet puis provo-quer une entaille dans la chair. On appelait cette violence, "Tailler un esclave". Le nombre de coups de fouet ou d'entailles dépendait uniquement de la décision du Maître, lui seul, avait le pouvoir d'être à la fois, l'accusateur, le juge et le bourreau. Il pouvait ainsi, donner l'ordre d'infliger à l'esclave puni, de 20 à 200 coups de fouet voir plus.
Comment un être humain pouvait-il supporter physiquement un tel châtiment?
A non pas douter, un si grand nombre de coups de fouet devait pour un esclave déjà diminué physiquement, le mener à la mort. Mais, aucun document ne vient infirmer ou confirmer, cet état de fait. Il
en existe certainement, mais, ils doivent être rangés à l'abri des regards indiscrets, dans les "oubliettes".....
Tout comme les document de la bataille de Vertières en Haïti où l'armée napoléonienne a subi une cuisante défaite, et quittera Haïti.
LE COLLIER ANTI-FUGUE
Utilisé, après avoir été puni à la suite d'une tentative de fugue, l'esclave était équipé d'un collier ou d'un masque, le plus souvent des deux.
- Le premier, avait pour but de ralentir la course d'un fuyard en s'accrochant aux branches.
- Le second, de boire ou manger. On pouvait aussi l'équiper de clochettes pour signaler son déplacement.
On pouvait aussi utiliser un boulet assez lourd, pour l'empêcher de fuir comme on le fera plus tard pour les bagnards de Cayenne.
Tous ces supplices étaient dictés par la peur que le maître avait de l'esclave.
J'arrête là, car je pourrai remplir plusieurs pages.
Les abus sexuels :
Comme il est écrit dans le Code Noir, L'esclave est un "bien meuble", appartenant au maître, qui pouvait en disposer à
sa guise.
Alors, comment d'un coup, les maîtres se sont mis à pratiquer des violences sexuelles à l'encontre des femmes noires?
Il est facile de comprendre, que de tout temps, le viol était une violence que la femme, peu importe la couleur de sa peau, rejetait. Dans le contexte de l'époque, les femmes blanches étaient peu
nombreuse dans les colonies.
Sur une Habitation, une fille, une jeune fille ou une femme esclave, était une proie facile pour tous les hommes de la famille du maître. Ces femmes objets qui évoluaient à moitié nues dans l'habitation, attiraient le regard des hommes et devaient répondre aux moindres désirs. Ceux qui en abuseront le plus, seront les adjoints des maîtres qui faisaient "tourner" une Habitation (gérant, contremaîtres, commandeurs et économes), parmi lesquelles il y avaient des noirs.
En plus de satisfaire ce désir bestial, le maître, voulait se servir des femmes noires pour augmenter son "cheptel" d'esclaves. Ce qui dans le temps, l'épargnait de l'achat de "Bossales" (noirs d'Afrique),qui coûtaient de plus en plus cher.
En cas de refus, une négresse et éventuellement son soupirant pouvaient tous deux être condamné à recevoir 100 coups de fouet.
On sait aussi, que certains maîtres, entretenaient à l'arrière de sa maison, des maîtresses ou concubines leurs laissant croire qu'elles
allaient avoir des privilèges comme de nouveaux habits, une meilleure nourriture et bien sure l'affranchissement.
Il faisait passer ces femmes esclaves aux yeux de tous comme des domestiques.
On violait aussi une femme pour un acte de sabotage qu'elle n'avait pas commis, en présence du coupable et de toute sa famille, ou tout simplement parce qu'elle avait désobéi. Tout ça, pour l'humilier avec les concéquences du déshonneur qu'elle allait porter toute sa vie.
Certains planteurs, se servaient des femmes esclaves pour initier sexuellement leurs enfants.
J'ai pu lire aussi, que certaines maîtresses blanches profitaient de l'absence du mari, pour soumettre un domestique mâle à l'acte sexuel forcé. Si le maître découvrait l'adultère, c'était le
domestique qui était puni.
Les punitions en cas de fugue:
En cas de fugue, l'esclave qui était rattrapé, subissait une sévère punition, allant du fouet jusqu'à la mort suivant le nombre d'évasions.
Les fuyards:
Petit rappel:
Depuis le début des colonies:
Qu'elles soient françaises, espagnoles, anglaises, suédoises, hollandaises etc... On a assisté au phénomène de la fuite d'esclaves des
plantations, qu'on appelait "Marronnage".
Les premiers fuyards étaient les engagés volontaires qui ne supportaient pas les mauvaises conditions de vie sur une plantation. Etant devenu un problème récurent, on fit appel aux esclaves noirs,
qui feront de même dès le début.
On peut distinguer deux types de marronnages: Le petit et le grand.
Le petit marronnage, désignait la fuite temporaire qui durait en général quelques jours ou quelques semaines et revenait vers l'Habitation, avec promesse du ne pas être puni. Cette
promesse, bien entendue, n'était pas tenue et la punition en la circonstance était doublée.
Le grand marronnage, était une fuite définitive. S'ils étaient plusieurs, il formaient une nouvelle communauté ou tout
simplement, ils rejoignaient dans les montagnes un groupe déjà formé.
En Guadeloupe, il s'est formé des groupes de plusieurs milliers d'individus, parmi eux, on comptait des familles entières qui avaient fui les Habitations.
Bien entendu, les maîtres ne toléraient pas ces fugues et ceux pour plusieurs raisons.
- La première était qu'il perdait son outil de production (l'esclave).
- La seconde était qu'il devait acheter d'autres esclaves pour les remplacer.
- La troisième était, que tous ces esclaves en fuites, représentaient un danger potentiel pour lui et sa famille.
Il faut tenir compte aussi, que tous ces fuyard avaient un compte à régler avec leur ex-maître qui les avaient maltraité pendant des années.
Une fois qu'ils étaient installés et reposés, jamais trop loin des lieux où ils avaient vécu, Les marrons, organisaient des descentes de nuit dans les habitations pour voler des semences, des armes,
des vivres, du bétail et surtout convaincre ceux qui étaient encore captifs de les suivre, surtout les femmes qui étaient indispensables pour grossir les différentes colonies créées. Bien-sure, ils
en profitaient pour punir leurs tortionnaires et mettre le feu aux bâtiments de l'Habitation.
Certaines Habitations étaient épargnées et pour cause. Ils ne voulaient surtout pas faire de mal aux maîtres qui n'étaient pas violents avec leurs esclaves. Les marrons voulaient évités que tous les
esclaves, se joignent à eux, ce qui n'aurait pas manqué de déclencher un soulèvement voire une révolte, comme cela s'est passé en Jamaïque. Les réactions des maîtres spoliés, donnèrent lieu à des
actes de violences extrêmes.
La réaction des maîtres:
Dans un premier temps, ils poursuivaient le ou les fuyards, dans l'espoir de les rattraper rapidement avant que ceux-ci ne se regroupent ou incitent les autres à
faire la même chose.
Avec l'ampleur du phénomène, ils finiront par rejoindre la milice coloniale. Cette milice, n'était pas reconnue comme troupe régulière, puisqu'elle était composée de blancs en âge d'être armés.
Mais officiellement, c'était la "maréchaussée", équivalente à la gendarmerie mobile composée essentiellement de noirs pauvres affranchis monnayant ce travail réputé barbare dans une traque
impitoyable.
Au fil du temps, Les maîtres avaient mis à prix La capture des fuyards, avec obligation de fournir une preuve.
ramener un fuyard vivant, un oreille, une main ou une tête suffisait pour toucher la prime. Cette pratique, va encourager la population à partir à la chasse aux "marrons". Ce, qui favorisera des
horreurs.
François Mussard et Jean Dugain, furent les plus célèbres, miliciens chasseurs d'esclaves en fuite de l'île Bourbon (Île de la Réunion), qu'ils vont parcourir inlassablement avec hommes et chiens.
Entre 1725 et 1750:
On dénombrera approximativement:
- 300 fuyard tués dans les bois,
- 450 capturés,
- 30 mort à l'hôpital,
- 50 mis à mort après capture,
Bien sure, cette pratique de l'utilisation des chiens pour la chasse aux marrons va se répandre dans toutes colonies. Pour rendre le chien efficace, rien de tel que de l'affamer.
Ce type de molosse, n'avait rien à envier au Pitbull d'aujourd'hui.
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