NAPOLEON ET LA GUADELOUPE
Richepanse en Guadeloupe
La Guadeloupe de 1801 à 1810
Dans l'histoire de la révolte des noirs aux Antilles, les historiens parlent plus
d'Antoine Richepanse en Guadeloupe que de Leclerc beau-frère de Napoléon en Haïti....... Pourtant, l'un comme l'autre aura son nom gravé sur une colonne de l'Arc de Triomphe, place
de l’Étoile à Paris.
Antoine RichepanSe, ou
RichepanCe* est né à Metz le 25 mars 1770, d'un père sous-officier du régiment de cavalerie de Conti-Cavalerie, Antoine Richepanse grandira, au
milieu des soldats dès l'âge de quatre an. Il décède de la fièvre jaune le 3 septembre 1802 à Basse-Terre (Guadeloupe).
*Les deux orthographes sont admises
Richepanse est un Général actif sous le Directoire et le Consulat. Fils d’un sous-officier du Conti-Cavalerie, Antoine Richepanse naît le 25 mars 1770 à Metz, place forte française des Trois Evêchés. A l'âge de 15 ans, il s'engage dans les Chasseurs d'Alsace (Unité de cavalerie) et gravira rapidement les échelons.
1774:
Le petit Richepanse est "admis à la solde". Pour faire court, il
est considéré comme un militaire. Son terrain de jeux sera les camps d'entrainement de l'armée.
Il parviendra ainsi à gagner les échelons et finira par prendre part aux premières campagnes de la Révolution.
1791:
Richepanse est nommé lieutenant, il a vingt et un ans.
Dates des batailles où Richepanse s'est illustrées:
10 juillet 1794:
Ockstat
Il montre toute sa bravoure et obtient le grade de chef d'escadron. Il n'a que vingt trois ans.
4 juin 1795: Altekirchen
Sous les ordres du général Kléber, Il se lance à la tête du premier régiment de chasseurs, lors de la bataille d'Altekirchen, où il sera blessé
sérieusement.
A vingt quatre ans, Richepanse sera nommé provisoirement, général de brigade par Kléber.
3 janvier 1800:
Sa bravoure à l'affaire de Fossano, lui value le titre de général de division. Sa notoriété à partir de là planait au dessus de tous les
généraux.
Bonaparte va faire appel à Richepanse.
Richepanse sera accompagné par le général de brigade Jacques Nicolas Gobert, un enfant de la Guadeloupe pour le rétablissement de l'esclavage. Expédition qui tournera à
l'expédition punitive.
Général de brigade Jacques Nicolas Gobert, est né à Basse-Terre le 1er juin 1760. Il meurt au combat en Espagne le 17 juillet 1808 et sera enterré au cimetière du Père Lachaise.
Gobert a été un vaillant guerrier, naturellement sensible et généreux. Pour lui, l'élimination de ses ennemis, n'était pas une priorité. Il préférait la négociation à la tuerie gratuite.
Novembre 1801:
Alors que Gobert commandait à Bologne, une insurrection éclate. Les citadins prennent les armes secondés par les paysans. Gobert parlera aux rebelles qui rendront les armes dans le calme. Gobert évita ainsi, un massacre accompagné d'un pillage.
Richepanse
1802:
Il est nommé général en chef du corps expéditionnaire de la Guadeloupe (expédition punitive bien sûre).
Sa mission première était de rétablir l'esclavage, par tous les moyens.
Si à Paris, il a été honoré comme un héros de l'Empire, il n'en est pas de même en Guadeloupe.
25 mai 1802:
Lors de l'attaque de Dolé en Guadeloupe, Les noirs révoltés avaient rassemblés, 80 femmes et enfants blancs dans une maison qu'ils avaient prévu de faire sauter si les troupes de l'armée donnaient l'assaut.
Lors de l'approche, Gobert aperçoit un mouchoir blanc a une des fenêtres. Malgré
la riposte des insurgés, Gobert réussit à tuer celui qui allait mettre le feu aux poudre. Les prisonniers seront délivrés. Gobert réglera d'autres affaires similaires.
Pour ma part, compte tenu de sa bravoure, je suis amené à penser que le général Gobert aurait trouvé une solution aux problèmes de la Guadeloupe. Mais voilà, il y avait une ombre au tableau:
"Richepanse et son rétablissement de l'esclavage".
Gobert sera blessé pendant une bataille contre les anglais. Fait prisonnier, il mourra en captivité. Sa dépouille sera rapatriée en France.
Pendant ce temps en Europe, on comprend qu'il faut développer les forces militaires en mer. La France et l'Angleterre se lancent dans une course absurde qui oscille entre la paix et la guerre et cela va durer des décennies.
16 octobre 1802:
Bon nombre de prisonniers étaient embarqués sur les navires et jetés en mer. Pour ne pas avoir à se justifier de tels actes, Pamphile Lacroix: un
officier général de l'état major de Leclerc dira que les motivations raciales, ne faisaient aucuns doutes, rejetant la faute sur les marins pris d'un soudain mouvement de panique. Bien difficile à
croire, qu'une élimination en masse ait pu se faire sans préparation mûrement réfléchie.
3 novembre 1802:
Victor Emmanuel Leclerc, beau frère de Napoléon sent sa dernière heure arriver. C'est seulement à cet instant qu'il prend conscience de son
déshonneur. Sa seule consolation, sera qu'il n'a pas rétabli l'esclavage. Piètre consolation ! Juste avant de mourir, il implora le ciel de lui pardonner les crimes qu'il avait commis contre la
liberté.
Pour ma part, cette consolation n'avait pas lieu d'être, puisqu'il avait reçu l'ordre d'exterminer les noirs
par tous les moyens.
Les marins responsables, seront obsédés par le souvenir de ce massacre. Ils iront jusqu'à refuser de consommer du poisson péché trop près des côtes.
5 novembre 1802:
Leclerc atteint de la fièvre jaune, meurt.Christophe-Paulin de la Poix de Fréminville..: Pour l'anecdote, rappelez-vous.
Lacrosse gouverneur provisoire, s'en explique à Arnauld:
"Le mode d'exécution choisi, doit donner à tous, l'exemple le plus terrible. Le condamné doit être rompu vif et expiré sous la roue, brûlé ou étranglé. Les geôles de Pointe-à-Pitre et du Moule étant déjà bien encombrées, ils faut les déblayer au plus tôt". Un rouage infernal se met en route.
La mise à mort la plus terrible et celle qui consiste à mettre un condamné dans une cage métallique étroite placé au dessus d'une lame tranchante comme un rasoir. Le malheureux reposait sur des étriers, La fatigue, la tétanisation des jambes, le sommeil, la soif et la faim, faisaient le reste. La première chute n'était pas mortelle. l'homme pouvait se relever, mais c'était peine perdue. Je vous passe les détails. La mort était lente et particulièrement cruelle.
Un certain Martin Piller, chef de bataillon, juge l'élimination des nègres trop lente. Pour dénicher des coupables, il va d'une Habitation à l'autre et fait l'appel des esclaves noirs et homme de couleurs. Ceux qui ont les cheveux courts sont considérés coupables de rébellion et exécutés sur place. Les absents étaient notés. Le lendemain, on revenait dans l'habitation et les absents de retour chevelu ou pas, étaient passés par les armes. On oubliera pas non plus d'exécuter toutes personnes opposées ou critiquant le régime, blancs, noirs, rouges etc. ....
Après ce génocide qui dura un an, Napoléon Bonaparte envoie en Guadeloupe, le général Augustin Ernouf.
14 mai 1803:
L'arrêté consulaire de Napoléon, restaure le "Code Noire".
A la veille du rétablissement de l'esclavage, Ernouf s'aperçoit que les "coureurs des bois": Les Neg'marrons sont de plus en plus nombreux. ,Hors de question pour eux de retourner en esclavage.
Ernouf va proposer une amnistie, qui est refusé par les fuillards.
3 septembre 1803:
Ernouf, n'avait pas d'autre choix que de retenir la proposition sanguinaire suggérée par le commissaire du gouvernement de
Basse-Terre:
"La mesure que vous me proposez, citoyen commissaire, de faire brûler en présence des ateliers (ouvriers), les
brigands qui refusent de se rendre à l'amnistie est excellente, je vous autorise donc, à faire exécuter ceux qui tomberaient en votre pouvoir".
Deux mois plus tard, Ernouf va recommander au commandant des
"chasseurs des bois", d'éliminer tous les fuyards (Les nèg marrons), sans jugement en prenant soin de les brûler sur place.
Cette pratique, ne sera jamais démentie.Par la suite, Ernouf, donnera l'ordre de se défaire des africains aussi bien en Haïti qu'en Guadeloupe (Il s'agit là, des généraux de
couleur). Par défaire, il faut comprendre, les neutraliser, les éliminer.
En Haïti, l'île de la tortue se soulève. Leclerc, beau-frère de Napoléon envoie un général de couleur: Martial Besse. L'ordre est de faire une répression qui inspire la terreur. Besse, officier de couleur, se contentera de calmer les esprits. Il sera sanctionné pour incapacité. Ce fût le cas pour un bon nombre d'officiers qui ne mettront pas les ordres reçus en application. Mis aux arrêts, ils sont immédiatement embarqués sur un navire et déportés...... "Il y a fort à parier, que ces officiers ont été jetés en mer eux aussi".
Quant aux simple militaires rebelles, ils sont éliminés
purement et simplement. Les résistants sont systématiquement tués....... L'ordre de tuer tous les nègres de la montagne et ceux qui vivaient en plaine est donné. Seuls les enfants n'ayant pas atteint
l'âge de 12 ans sont épargnés.
Comme vous le constatez, il n'est plus question de tuer des ennemis, mais d'exterminer la population noire .....Parce qu'elle était noire.
L'histoire tragique de ce couple:
Christophe de Fréminville est ce jeune officier qui a séjourné aux Saintes où il rencontre la belle Caroline. L'amour aidant, ils deviendront inséparable.
Fréminville et envoyé en Haïti et promet à Caroline de revenir au plus tôt.
A quelques jours de son retour aux Saintes, Caroline pense que son grand amour est mort. Elle décide de mettre fin à ses jours en se jetant de haut du morne Morel qu'on
appelle aussi, "Le morne Caroline"
Fréminville ne se remettra jamais de la disparition de Caroline. De retour en France, il se retire dans sa maison, se travestit avec les habits de Caroline, jusqu'à sa mort.
Une pièce du musée du fort Napoléon sur l'île de terre de haut aux Saintes, leur est consacrée.
Christophe de Fréminville tombe ameureux de Caroline aux
Saintes.Fréminville
alors jeune marin de 17 ans, il écrira dans ses mémoires, avoir croisé au large du fort. Picolet une goélette, chargée de centaines de noirs. Son capitaine dira "Je m'en vais mettre de La
morue à la trempe", comme on disait à l'époque. Il faut comprendre, jeter les nègres, lestés d'un sac de sable à la mer.
Le spectacle dans la rade était insoutenable lorsque les corps remontaient à la surface. "Je vous passe les détails".
Fréminville écrira plus tard, lors de son voyage retour en Europe sur le "Swiftsure"
qui avait servi à gazer au soufre des milliers d'humains, "que les scènes de noyades l'avaient rempli d'horreur". Fréminville, ne s'en remettra jamais de son séjour à
Saint-Domingue.
En France, il vivra en reclus, travesti et se fera appelé "Mademoiselle Pauline".
Après la mort de Leclerc, le massacre des noirs continua de plus belle. Napoléon qui soit dit en passant est heureux de la disparition de son beau-frère.
Petit rappel: Napoléon avait engrossé sa belle-fille (Voir plus haut).
Napoléon, nomme Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau Général de division et son adjoint le maréchal de France Louis de Noailles, deux véritables bouchers dont la barbarie dépasse tout ce que l'on peux imaginer.
16 octobre 1798:
Très soucieux de leur indépendance, les noirs du Cap se soulèvent. Cette démonstration de force sera habilement exploitée par Toussaint qui va
obliger Hédouville à se réfugier sur un des navires, ancré à quelques encablures.
Toussaint ne se sentant plus sous contrôle, croyait avoir enfin, atteint son but.
C'était sans compter que les mulâtres, excédés de l'ascendance des noirs, se mobilisent autour du général Rigaud, mulâtre lui aussi et qui commandait le sud.
Né le 17 janvier 1761 à "Les Cailles", commune d'Haïti, et mort au même endroit le 17 septembre 1811.
Fils d'un blanc, huissier de justice du nom de Charles François Rigaud et de Rose Bossy, une esclave. Son père avait 13 enfants dont 8 d'un premier mariage.
La Révolution Française fût pour lui, un déclencheur.
Général André Rigaud
Juin 1799:
Une guerre sans pitié éclate entre mulâtres et noirs. Toussaint parvient à calmer les belligérants.
Le mulâtre Julien Raymond, le général Michel et le colonel Vincent, apportent à Saint-Domingue la nouvelle du coup d'État à Paris du 18 brumaire.
Juin 1800:
Toussaint est confirmé dans son grade de général en chef par Bonaparte.
Août 1800:
Il profite de cette nomination pour repousser Rigaud jusqu'aux Cayes et le contraint à quitter l'île.
Toussant, débarrassé de cette dangereuse rivalité, se lance dans la course à l'indépendance.
Cette course devait passer en premier lieu par une réglementation sur le fonctionnement des Habitations.
Les administrés ressentent cela comme une retour à l'esclavage. (Je passe sur les détails).
14 octobre 1801:
Napoléon reçoit l'émissaire du gouverneur chargé de lui remettre la Constitution qui fait d'Haïti un état libre à la tête du quel, Toussaint Prenait un
pouvoir relatif.
Les troupes attendaient à bord des navires, le feu vert des anglais pour quitter Brest.
Vers la fin de 1801:
Des noirs du nord qui refusaient d'obéir aveuglément, se soulèvent et partent à la chasse aux blancs du Cap Français où toutes les exactions sont
commises. Ce fût un véritable carnage.
Toussaint va intervenir avec son armée et très vite stoppe cette tuerie.
Des bruit couraient que Napoléon voulait d'une part mâter la rébellion, et d'autre part rétablir l'esclavage dans les colonies.
18 octobre 1801:
Les préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre, venaient d'être signés. Bonaparte, pouvaient enfin, donner le feu vert pour le départ
des deux forces expéditionnaires:
L'une à Saint-Domingue, sous commandement du général Leclerc. A bord d'un des navires, les enfants de Toussaint, chargés de remettre à leur père, une lettre de Napoléon dans
laquelle, il faisait des éloges à Toussaint sur son comportement. Bien sure, ce n'était que des mensonges.
L'autre en Guadeloupe, commandée par Antoine Richepanse qui était chargé de rétablir l'esclavage. Dans les deux cas, il fallait mater la rébellion par tous les
moyens.
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