1648:
L'entreprise de Houël se retrouve menacé, par le dynamisme des Juifs hollandais du Brésil, maîtres incontestés de la fabrication de sucre blanchi (sucre raffiné). Houël ne pourra pas lutter et se verra contraint d'abandonner.
Le père Du Tertre, confirmera l'abandon de la fabrication du sucre en ces termes:
"A faute de ce secret, Monsieur Houël a été contraint de quitter la sucrerie, au grand dommage des Seigneurs des Îles".
On peut conclure, même sans preuves flagrantes, que Houël n'est pas le fondateur de l'industrie sucrière de Guadeloupe, encore moins celui qui est à l'origine du
développement de cette activité comme on a pu l'écrire.
On note, d'une part que c'est en 1648, que la Compagnie des Îles d'Amérique, coupe les subventions à Houël mais aussi, qu'au même moment, on découvre trop tard, son in- compétence, la Compagnie est
mise en faillite.
Les îles, connaissent alors une période où les Seigneurs propriétaires agissent comme bon leur semble sans rendre des comptes à Paris.
Les seules à savoir, ce sont les religieux. Du Tertre pour ne citer que lui, craignant les ennuis, ne dira rien. Houël fera de même aux yeux de la Compagnie, mais restera inactif.
Houël va contacter son beau-frère Jean de Boisseret d'Herblay qui était actionnaire de la Compagnie des Îles d'Amérique et lui demande de s'associer avec lui pour le rachat de la Compagnie en
faillite en se vantant de pouvoir produire une bonne quantité de sucre en 1649 et de doubler cette production en 1650. Comme Boisseret ignorait tout sur la fabrication du sucre, il se laissera
endormir par les mensonges d'Houël.
Houël à l'époque était de part sa position de Seigneur propriétaire, à l'apogée de sa puissance.
Il n'a pas été capable de produire du sucre encore moins de le blanchir. Donc la Guadeloupe ne produisait que du sucre brut.
1654:
Houël en Guadeloupe et Trézel en Martinique vont faire plusieurs essais sur la transformation du jus de canne en sucre raffiné. Pas connaisseurs du procédé de fabrication, ils échoueront à maintes reprises dans leurs entreprises.
Le sucre grossier produit à cette époque, était essentiellement expédié en métropole pour y être raffiné et vendu. Les pains de sucre
étaient expédiés dans des barils. Une fois sur place, il fallait concasser les pains et procéder à un raffinage grossier. Les techniques de l’époque ne permettaient pas de faire mieux. Compte tenu du
coût de fabrication, seul l’élite de la société pouvait en profiter.
Le peuple de France n’en verra pas la couleur….. Trop cher.
1657:
Du Parquet en Martinique se ravisa en accueillant d'autres juifs. Il leurs céda le Grand-Cul-de-Sac-Royal pour l'Habituer (défricher et préparer la terre pour la culture de la canne).
1658:
Les hollandais de Martinique sont attaqués par les indiens Caraïbes qui mettent le feu à l'Habitation. Les survivants vont à Saint-Pierre puis repartent en Hollande.
La période des seigneurs propriétaires touche à sa fin. On ne sait pratiquement rien de cette période qui n'a pas été si funeste que cela, sinon qu'on a pu constater que la branche sucre à progressé régulièrement et que bien de hauts gradés de l'armée possédent une sucrerie.
On entre dans l'ère de la démocratisation de la consommation du sucre en Europe.
C'est aussi à ce moment là, que l'industrie sucrière de Guadeloupe devient coloniale.
On comptera une dizaine de sucreries, rien que pour la période de la présence des hollandais en Guadeloupe.
Mais cette progression, sera surtout due aux facilités dont les planteurs ont bénéficié de la part des négociants hollandais. Le père Du Tertre, consignera dans ses rapports, que les français ont
jouit de la régularité des approvisionnements, d'une sécurité pour la vente du sucre et du tabac et de la franchise des ports hollandais, alors qu'en France, les producteurs français devaient en
entrant dans les ports, payer des droits d'entrées écrasants.
Colbert déclenche une guerre économique contre les hollandais.
Le gouverneur Du Lion envoie une lettre à Colbert, lui faisant remarquer que les hollandais ont aidé l'industrie sucrière des îles à se développer. Malgré les aléas climatiques
(cyclones).
1670 - 1671:
Colbert demande un recensement des terres octroyée sur les trois îles des colonies des Petites Antilles: Guadeloupe, Saint-Christophe et Martinique, et ce, depuis le début de la colonisation, afin de faire une étude de l'occupation des sols concernant la canne à sucre.
1683:
Il était fréquent que certains religieux, les Capucins pour ne pas les nommer, viennent en Guadeloupe pour y faire fortune dans la gestion des paroisses.
Un capucin, qui faisait "tourner" une paroisse, avait un traitement d'environ 6000 livres tournois qui équivaut aujourd'hui à environ:
6000x1,90€..... Même avec un comparatif approximatif, ce traitement était colossal pour l'époque.
Si je fait un tel rapprochement, c'est juste que ces religieux (les capucins), faisaient vœux de pauvreté et que pour eux, l'usage de
l'argent était interdit.
Leur vocation première, était de soigner les pauvres, les militaires et les marins et que normalement, là, où ils s'établissaient,
cela devenait un "hôpital".
Bon nombres d'entre-eux ont respectaient cet engagement, tandis que d'autres ont abusé de la situation. Le Roi donna ordre de veiller
sur la conduite des prêtes, dont plusieurs, étaient sources de scandales s'éloignant de leurs institutions religieuses.
Leurs bien seront finalement, rattachés au domaine du Roi.
Les religieux de "Saint Jean de Dieu" qu’on appelé aussi "Les Frères de la Charité" vont s’installer sur le Domaine de l’Habitation Saint-Charles, avec obligation d’offrir un toit aux plus pauvres. Parallèlement les religieux construiront une sucrerie, qui par la suite, prendra le nom "d’hôpital".
Quant aux religieux de l’ordre de "Notre-Dame-du-Mont-Carmel", eux obtiendront l’Habitation Dolé.
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